*Première femme congolaise à accéder au strapontin de la Primature, depuis des temps immémoriaux de l’indépendance jusqu’à ce jour, Judith Suminwa Tuluka, devenue Première Ministre, le 1er avril 2024, n’aura été investie qu’à l’aube de ce mercredi 12 juin 2024 à l’Assemblée Nationale, grâce au vote imposant de la nouvelle coalition Majoritaire constellée autour de l’Union Sacrée.
Sans repos, ni répit

Déjà, hier, sans repos, ni répit, la nouvelle locataire de l’Hôtel du Gouvernement est passée aux actes, en effectuant la remise-reprise avec Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, son prédécesseur.
Dans une ambiance empreinte de convivialité et de considération mutuelle, les deux personnalités qui, naturellement, se connaissent bien, après avoir été ensemble au sein du gouvernement sortant, ont procédé à la passation des fanions de commande, en signant au bas du Procès-Verbal préparé à cet effet, pour matérialiser cette entrée en fonction de la nouvelle nominée. Aujourd’hui encore, à en croire l’almanach tracé en termes de chronogramme des remises-reprises au sein des Ministères et autres secteurs visés par la prise en mains des arcanes du pouvoir d’Etat des Vice-Premiers Ministres, Ministres d’Etat, Ministres d’Etat, Ministres Délégués et des Vice-Ministres, l’opération se poursuit.
Bien plus, dès ce vendredi 14 juin 2024, tous les membres de ce nouveau Gouvernement, avec en tête, Judith Suminwa Tuluka, la Première Ministre, elle-même, seront autour de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Président de la République, Chef de l’Etat, pour leur tout premier Conseil des Ministres.
Orientations boulevardières
Même si de toute évidence, il est parfois difficile, voire si risqué et hasardeux de vaticiner sur l’ordre du jour d’une telle rencontre, il n’est pas exclu, non plus, de penser qu’à cette occasion, le Président de la République, lui, qui a nommé chacun des membres de ce nouveau Gouvernement, en profite pour les féliciter et, surtout, pour leur donner des orientations boulevardières de sa vision articulée autour de ses six engagements qu’il avait déjà annoncés solennellement, le 20 janvier 2024, lors de sa propre investiture, au Stade de Martyrs de la Pentecôte, en plein cœur de Kinshasa, la capitale de la RD. Congo.
Vers le séminaire d’incubation

D’ailleurs, à ce sujet, dans l’optique de l’éveil des consciences et du renforcement des capacités de tous les membres de ce même nouveau gouvernement œuvrant sous la férule de Judith Suminwa Tuluka, un séminaire d’incubation ou d’imprégnation a toujours ponctué la mise à jour des intelligences aux fins d’éclairer la lanterne de chacun d’eux pour des actions urgentes et précises à impact visible dans toutes les strates de la composition de cette nouvelle équipe gouvernementale.
Avec quel budget ?
Parallèlement, alors qu’elle s’installe en vue de prendre le plus bel élan, Judith Suminwa Tuluka et ses colistiers devront, raisonnablement, passer à la phase consistant à dresser des états des lieux dans la perspective de se prémunir des chiffres à intégrer dans le nouveau projet de loi des Finances de l’exercice 2025 à soumettre à la sanction des Députés Nationaux, en première lecture, ainsi qu’à celle des Sénateurs, en deuxième lecture, lors de la prochaine session ordinaire du Parlement dont l’ouverture est prévue, faut-il le rappeler, le 15 septembre 2024.
RDC, pays atypique
Mais, dans l’entretemps, avec quel budget Judith Suminwa Tuluka fera-t-elle face à toutes les dépenses liées notamment, aux indemnités de sortie des Ministres sortants et autres animateurs des institutions arrivés fin mandat, ainsi qu’aux frais d’installation de toute la cohorte de nouveaux venus ?
Toute la question aussi bien lancinante qu’interpellatrice est là.
Il est, certes, vrai que la RD. Congo, dans son mode de fonctionnement, est et demeure un pays atypique qui, si souvent, réserve des surprises aux nombreux analystes, tapis dans l’ombre, et aux alchimistes des mythes et prophéties négatifs.
Lueur d’espoir…
C’est peut-être là qu’il est possible d’avoir une lueur d’espoir, nonobstant le fait que tous les paramètres ou agrégats macroéconomiques sont aux antipodes de toutes les chiffres pompeux ou mirobolants contenus du Programme d’action gouvernementale, tel que présenté et adopté à l’Assemblée Nationale, tout au long de cette lumineuse nuit de ce mardi 11 à 12 juin 2024, au Palais du Peuple, à Lingwala.
Marcel Ngoyi
