A l’heure où se poursuit le procès en appel concernant l’assassinat des experts onusiens Zaida Catalán et Michael Sharp, la Commission Nationale des Droits de l’Homme de la République Démocratique du Congo (CNDH-RDC) a publié un communiqué percutant, exhortant la justice à faire toute la lumière sur cette affaire et à poursuivre tous les responsables, y compris ceux qui ont orchestré ce crime.
Dans ce document officiel daté du 6 janvier 2026 et signé par son président, Paul Nsapu Mukulu, la CNDH-RDC réitère son appel en faveur d’un « verdict juste et crédible impliquant toutes les personnes responsables des meurtres ». L’institution de défense des droits humains va plus loin en demandant explicitement au pouvoir judiciaire « d’examiner le rôle et les responsabilités de toutes les personnes citées dans les enquêtes officielles, y compris celles qui ont ordonné le double meurtre ». Pour la commission, un jugement conforme au droit international est une condition sine qua non pour restaurer la réputation ternie de la RDC sur la scène internationale.
Le sort des compagnons congolais et les victimes du Kasaï au cœur des préoccupations
Le communiqué ne se limite pas au sort des deux experts internationaux. La CNDH-RDC exprime sa profonde préoccupation concernant les quatre ressortissants congolais qui les accompagnaient et qui sont portés disparus depuis les faits en 2017. Elle recommande à la justice militaire de « tout mettre en œuvre pour retrouver » ces quatre personnes, tout en encourageant la poursuite de la collaboration avec le programme de récompenses du département d’État américain visant à obtenir des informations cruciales.
Élargissant son propos au-delà de ce double meurtre, la CNDH-RDC lie cette affaire à la tragédie plus large de la crise du Kamwina Nsapu au Kasaï. La commission demande que justice soit également rendue aux innombrables victimes civiles de ce conflit. Elle exhorte les autorités judiciaires à « identifier les victimes civiles enterrées dans plus de 80 fosses communes dans le Kasaï central ». Avec la même fermeté, elle exige que non seulement les auteurs de ces massacres, mais aussi leurs commanditaires, soient poursuivis en justice.
Un engagement continu pour la vérité et la justice
La CNDH-RDC annonce par ailleurs qu’elle poursuit sa propre mission d’enquête dans la région du Kasaï, initiée dès 2017. Cette mission vise à documenter les violations des droits humains, à identifier les auteurs et à formuler des recommandations sur les mesures de responsabilisation à prendre.
En conclusion, la commission lance un appel solennel « à la conscience congolaise pour que de telles violations ne se reproduisent plus jamais », soulignant l’importance de la justice comme pilier de la paix et de la réconciliation nationale. Ce communiqué réaffirme la position de la CNDH-RDC comme un acteur clé exigeant une justice complète et impartiale pour l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire récente du Congo.
César Nkangulu
