Au retour d’une mission à Lomé où s’est tenu un sommet de Haut niveau sur la situation en RDC, le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Électoral (CNSA) a tiré la sonnette d’alarme. Dans une communication officielle datée du 20 janvier 2026 et signée par son président, Joseph Olenghankoy Mukundji, l’institution juge les efforts de paix actuels trop fragmentés et appelle à la tenue d’un « dialogue inter-congolais inclusif » comme une « nécessité vitale ».
Le CNSA observe avec préoccupation « la multiplicité d’intervenants dans les divers processus, avec le risque de chevauchements et d’empiètements, mais aussi de contradictions ». Pour le Conseil, cette situation n’est pas de nature à favoriser l’unité d’action. Il préconise une harmonisation et une rationalisation de ces processus sous la responsabilité claire de l’Union Africaine.
Toutefois, le CNSA va plus loin dans son analyse. Il estime que la voie de la diplomatie, bien que nécessaire, n’est pas suffisante pour résoudre une crise « multiforme et multi dimensionnelle ». La « guerre de l’Est » n’est, selon le document, qu’une facette d’un problème plus profond.
Face à ce constat, le CNSA érige le dialogue inter-congolais en solution incontournable. « Il devient de plus en plus clair que le processus pour la recherche d’une paix par la solution de la crise en RDC serait bancal et boiteux s’il lui manque cette autre dimension », peut-on lire dans la communication. Pour le CNSA, il s’agit d’une question d’honneur pour le peuple congolais de prendre en main son destin, afin qu’il ne soit pas décidé par des « puissances étrangères ».
Ce dialogue est présenté comme la condition sine qua non pour rétablir la cohésion nationale et un climat de confiance. Le CNSA déplore à ce titre les arrestations et l’exil forcé d’acteurs politiques et de leaders d’opinion, qui affaiblissent le front commun national. Il appelle ainsi à la « cessation de ce qui apparaît comme des harcèlements et persécutions » et à la « libération de tous ceux qui, ainsi retenus, n’ont pas été trouvés en faute ostensible et avérée ».
En vertu de l’article 69 de la Constitution, le CNSA en appelle directement au Chef de l’État, garant de la cohésion nationale, pour qu’il se préoccupe de la réalisation de cet objectif. L’institution conclut par un appel vibrant à toutes les parties prenantes à « aiguiser leur soif de cohésion et leur désir de mettre fin aux souffrances de nos populations » pour s’engager dans la reconstruction d’une « RDC forte et prête ».
César Nkangulu
