C’est dans 24 heures que tous les invités de la Fondation Thabo Mbeki sont supposés se retrouver à Johannesburg. L’ancien président sud-africain qui a eu à parrainer l’accord de Sun City, entend rééditer le même exploit du mercredi 3 au samedi 6 septembre prochain. Il veut abriter une conférence en faveur de la paix et la sécurité qui devrait servir de cadre de dialogue entre les différents acteurs de la crise en RDC.
Cependant, depuis Sun city en 2022, après un résultat mi-figue, mi-raisin, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Il est vrai de reconnaitre que ce forum doté d’un budget colossal avec l’expertise de la crème africaine, n’a finalement pas apporté la paix escomptée.
Quelques temps après, le Rwanda a créé une nouvelle rébellion, le CNDP, dirigé par Laurent Nkunda pour succéder au RCD. Ce parti dirigé par Azarias Ruberwa qui avait accepté de participer à la transition 1+4, sera battu par le PPRD aux élections de 2006. Depuis l’avènement de Félix Tshisekedi, les leaders de ce rassemblement pro-rwandais ont, pour la plupart, rejoint le parti de l’ancien président.
Le CNDP vaincu, à son tour, sur base d’un prétendu accord avec le pouvoir de Kinshasa, occasionnera l’entrée en scène de la rébellion l’Est de la RDC du M23. Malheureusement, cette dernière intervention du Rwanda en RDC va coïncider avec l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche.
Le nouveau locataire du bureau ovale va s’intéresser à la RDC après une trentaine d’années d’instabilité dans sa partie Est. Un accord sera signé à Washington entre Kinshasa et Kigali. Entretemps, Doha abrite une rencontre entre la délégation de Kinshasa et celle de Goma afin de mettre fin aux affrontements entre les deux camps.
C’est en ce moment que Thabo Mbeki tente de faufiler entre les mailles du filet pour proposer aux congolais son dialogue. Les nostalgiques de Sun City ne pensent pas rater cette occasion d’un nouveau partage du pouvoir alors que nombreux d’entr’eux restent indécis.
Le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23 qui se voient asphyxiés par l’accord de Washington en attendant celui de Doha, saisissent la balle au bond pour exprimer leur enthousiasme à cette initiative de Mbeki dont les accointances avec Joseph Kabila et Paul Kagame ne sont plus à démontrer.
Il s’agit d’une volonté délibérée de l’ancien chef de l’Etat sud-africain qui a, comme par un coup de bâton magique, perdu des avantages frauduleux dont ils bénéficiaient avec le Rwanda du sol et sous sol congolais, de torpiller l’accord de Washington qui a sonné le glas de cette mafia des ressources minières de la RDC.
La Pros.