La Fédération des Entreprises du Congo (FEC), en partenariat avec le Centre Hospitalier Tshisekedi Tshilombo (CHTT) et la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), a réuni à Lubumbashi, experts, médecins et opérateurs économiques autour d’une table ronde stratégique placée sous le thème : « Gouvernance des évacuations sanitaires ». Dans la salle Victoire de la FEC, le message a été posé sans détours : réduire la dépendance aux soins à l’étranger et renforcer la prise en charge médicale locale. Autrement dit, sortir de cette logique devenue presque automatique qui consiste, à la moindre complication, à chercher la solution hors des frontières, avec son lot de coûts, d’incertitudes et de lourdeurs administratives.
L’ouverture des travaux par le Docteur Patrick Kabamba a donné le ton : l’évacuation sanitaire ne peut plus être perçue comme une simple option technique. Elle est un enjeu de gouvernance, de planification, de responsabilité.
Prenant la parole au nom de la FEC, le Docteur Pascal Nawej a rappelé l’urgence : pour les entreprises, la multiplication des évacuations se traduit par des charges croissantes, une logistique difficile et parfois des délais qui compromettent la prise en charge rapide des patients. Derrière les chiffres, il y a des vies. Mais aussi des familles, des travailleurs, des employeurs, et toute une chaîne d’impacts sur la productivité et le climat social.
Du côté de la CNSS, le cap est clair : la solution passe par des échanges francs et structurés. Le Directeur provincial Katanga 1, Cleth Kapend, a appelé à des discussions utiles, orientées vers des mécanismes concrets capables de mieux protéger la santé des travailleurs congolais tout en rationalisant les procédures.
Nelly Kahila Nyanga, représentant le Ministre provincial de la Santé, a porté une ligne qui résonne comme une doctrine : moins d’évacuations, plus d’investissements dans les hôpitaux locaux, plus de confiance dans l’expertise nationale.
Panels, échanges et propositions se sont succédé. Les défis, eux, sont bien identifiés : coûts élevés des évacuations et des soins à l’extérieur, logistique complexe, insuffisance de plateaux techniques dans certains domaines, besoin de protocoles clairs pour encadrer les décisions d’évacuation.
Le temps fort de cette table ronde a été la présentation du Centre Hospitalier Tshisekedi Tshilombo. Son médecin directeur, le Docteur Dieu-Merci Kabulo, a défendu a affirmé que la RDC dispose désormais d’infrastructures capables d’offrir des soins de qualité sans quitter le pays.
La CNSS, par la voix du Docteur Ephrem Matabaro, a réaffirmé son rôle d’acteur social majeur, engagé pour une meilleure couverture sanitaire. Une couverture qui, pour être crédible, doit s’appuyer sur des structures fiables et un système de référence clair.
L’assurance s’est imposée comme un autre pilier du débat. Le Docteur Michel Bakeni, d’Assurance Facility, a insisté sur la gestion des risques : sécuriser les patients, encadrer les procédures, anticiper plutôt que subir.
Au terme des travaux, FEC, CNSS et autorités sanitaires ont salué une initiative qui ouvre la voie à une nouvelle gouvernance des évacuations sanitaires : plus humaine, plus efficace, et plus souveraine.
La Pros.
