Le Président du groupe parlementaire de l’opposition «Ensemble pour la République » et député national, Christian Mwando Kabulo, a pris part, ce mardi 31 mars 2026, à une émission spéciale sur la problématique du changement constitutionnel en RDC, organisée à Kinshasa, par Radio France Internationale (RFI). D’entrée de jeu, l’honorable Christian Mwando a exprimé son opposition à toute idée de révision ou de changement de la Constitution qui, selon lui, vide à pérenniser la présence du Président Félix Tshisekedi au sommet de l’État congolais.
« Je ne suis pas du tout d’accord avec la révision constitutionnelle. Nous savons que l’objectif est bien clair : c’est le 3ème mandat ou un mandat indéfini pour le Président Félix Tshisekedi.
Je pense qu’on n’apprend pas au vieux singe à faire des grimaces. Ça s’est fait dans des pays africains et, l’UDPS et sa majorité entendent changer la constitution uniquement pour déverrouiller, parce que le grand obstacle pour la continuation du mandat Félix Tshisekedi au-delà de 2028, c’est la Constitution qu’ils veulent modifier.
Nous assistons donc à une séance d’hypnose. On est en train d’hypnotiser le peuple, parce qu’on ne veut pas révéler ce qui se cache dans le fond. Et ce qui se cache dans le fond, c’est le verrou qui est sur le mandat du Président de la République.
Et aujourd’hui, quand vous regardez dans le camp de l’UDPS et l’Union Sacrée, tout le monde est sur le changement du mandat du Président de la République », a-t-il indiqué. Pour le chef de file de l’opposition à la Chambre basse du Parlement, la révision constitutionnelle n’est pas opportune, dans la mesure où la Constitution proscrit une telle démarche pendant la guerre ou l’état de siège.
« Je reviens également sur l’article 219, qui est très clair : il dispose qu’aucune révision de la Constitution, aucun changement ne peut se faire pendant l’état de siège ou l’état de guerre. Aujourd’hui, cette question est illusoire, dans la mesure où c’est interdit », a expliqué Christian Mwando, qui a également rejeté l’argument selon lequel la Constitution du 18 février 2006 permet, en son article 217, de céder une partie du territoire national aux pays étrangers.
« Je reviens sur l’article 217, pour dire qu’il n’y a pas de mauvaise interprétation. La mauvaise interprétation a été inoculée dans la population par les braconniers du droit. Il y a du braconnage en droit où les gens cherchent par tous les moyens à modifier cette Constitution, même sans raison, parce que, lorsque vous voyez notamment l’article 214 par exemple, il est dit clairement que : « nulle cession, nul échange, nulle adjonction du territoire ne peut se faire ».
Donc, la Constitution doit se lire comme un tout, qui se tient, et non pas sortir certaines dispositions de leur contexte, pour énerver la population et conduire à ce que cette Constitution change, en cachant la raison réelle pour laquelle on voudrait faire changer la Constitution.
C’est très clair que la vraie raison cachée, c’est de permettre au Président Félix Tshisekedi de briguer un 3ème mandat, sinon, il n’y aurait pas autant de violences vis-à-vis de leurs propres congénères, qui s’opposent au changement de la Constitution, comme ce qui est arrivé à Vital Kamerhe et à Modeste Bahati », a-t-il martelé.
Au sujet d’une éventuelle organisation du référendum populaire pour mettre en place une nouvelle constitution, l’élu de Moba, dans la province de Tanganyika pense plutôt que la Mouvance présidentielle pourrait user de de sa large majorité parlementaire pour faire passer en force son initiative. « Il y a la ruse là-dedans, parce qu’il faut faire très attention : la majorité n’a pas l’intention d’organiser le référendum, parce que le Gouvernement peut ne pas soumettre la proposition au référendum, s’il réunit les trois cinquième du Congrès. Or, ils ont une majorité de 95% au Parlement. Ils vont donc passer par un forcing au Parlement si la population les autorise. D’autant plus qu’ils n’ont ni les moyens ni la capacité de gagner ce référendum », a-t-il soutenu. Enfin, l’honorable christian Mwando alerte sur le danger d’un forcing de la Mouvance présidentielle pour imposer aux congolais une nouvelle constitution. Cela pourrait, de son point de vue, aboutir à une partition de fait du pays et à la poursuite de la guerre.
« C’est très clair : aujourd’hui, nous sommes de fait en situation de guerre. Il y a un côté qui est occupé par les rebelles, appuyés par le Rwanda (avec une administration, une justice, une armée et tous les attributs du pouvoir). Aujourd’hui, dans les aventures de la Majorité, ils veulent modifier ou changer la Constitution. Cette Constitution qui sera modifiée d’un côté du pays et pas de l’autre va aboutir à ce qu’on va se retrouver avec deux Constitutions. On risque d’arriver à une partition de fait et ils vont légitimer la rébellion, qui aura force de dire que, c’est parce qu’ils ont fait un forcing, en violation de la Constitution qu’ils sont légitimes pour poursuivre la guerre », a prévenu cet éminent membre du Directoire exécutif du parti cher à Moïse Katumbi Chapwe, Ensemble pour la République.
JR Mokolo
