Le célèbre chantre Pasteur Moïse Mbiye de la République démocratique du Congo (RDC) est accusé par une certaine opinion d’avoir offensé ses collègues favorables à la révision de la loi fondamentale, au point de les assimiler au «camp des lépreux».
Il est possible que le responsable de la cité Béthel ait sous-estimé la portée que pouvaient avoir ses propos tenus dans les limites de sa sphère ecclésiastique. Il ne s’attendait peut-être pas à ce qu’ils soient perçus avec autant de gravité.
Certains « vieux loups » de la corporation s’en sont sentis directement visés et ciblés, particulièrement ceux qui affichent une position favorable à la réforme constitutionnelle. De sorte qu’aujourd’hui, l’on assiste à une véritable guerre de tranchées au sein du corps du Christ, divisé entre pro et anti changement de la Constitution.
Dans la foulée, les tenants de la ligne ‘‘Tshisekediste’’ pure et dure sont montés au créneau contre le Pasteur Moïse Mbiye, déclenchant un violent lynchage médiatique avec, en toile de fond, l’exhumation de ses antécédents judiciaires.
Bien qu’il ait recadré ses propos considérés comme une alerte à toute démarche motivée par des intérêts mercantiles au détriment de ceux de la population, la croisade engagée à son encontre n’a nullement faibli.
Ce que l’on tend souvent à ignorer, c’est que le droit à la liberté d’expression s’exerce aussi au sein des communautés religieuses. La chaire et les espaces ecclésiastiques sont aussi des lieux de prise de parole, où s’expriment des convictions, des exhortations et parfois des critiques.
Dans ce cadre, certaines dénonciations symboliques ou l’usage de métaphores fortes peuvent s’inscrire dans un registre de langage propre à l’édification spirituelle ou à l’alerte morale.
En recourant à une séquence des Saintes Écritures sortie de son contexte initial, le pasteur Moïse Mbiye a ouvert la voie à de nombreux malentendus, sans mesurer pleinement l’impact de ses propos sur ceux qui pouvaient se sentir visés ou blessés.
Par ailleurs, son changement soudain de ton vis-à-vis des thèses d’un pouvoir qu’il a longtemps soutenu suscite également des interrogations.
Avait-il réellement besoin de s’exprimer en ces termes ? Est-ce l’expression de dépit, liée au sentiment de ne pas avoir été associé aux consultations autour de cette question sensible?
Si c’est le mot « lépreux » qui choque et suscite l’indignation, alors il lui revient, en toute responsabilité, de s’en amender auprès des siens. De toute évidence, ce terme était de trop, d’autant plus que, dans l’imaginaire collectif, le lépreux renvoie à une personne infectée mise en quarantaine pour des raisons médicales.
Mais de là à dénier à Moïse Mbiye le droit de réfléchir, de prendre position ou de s’exprimer sur le débat en cours autour du changement de la Constitution, nous disons Non. Car, dans une société démocratique, le pluralisme des opinions doit prévaloir, pour faire avancer la cause de la République.
En définitive, l’Église gagnerait à rester un lieu de rassemblement et de guérison sociale, et non un champ d’affrontement politique et idéologique.
Rideaux !
AD
