Dans une tournure tragique des événements, la ville de Bukavu a été victime d’une catastrophe naturelle dévastatrice. Une série de glissements de terrain survenus sur la rive rwandaise, a provoqué l’effondrement d’une colline dans le lit de la rivière Ruzizi, entraînant l’inondation de dizaines de maisons dans le quartier Panzi.
Les habitants, pris au piège par les eaux montantes dans la nuit du 11 mars, ont lancé des appels désespérés à l’aide. La colline de Nyiratengo, déjà connue pour sa fragilité, a cédé sous la pression déversant des tonnes de terre et de débris dans la rivière et provoquant son débordement dans les zones résidentielles avoisinantes.
Un témoin sur place rapporte que l’éboulement de terrain a partagé la rivière Ruzizi, et que l’eau continue d’inonder les maisons dans les villages de Buhozi et Panzi. Les images de l’intérieur des maisons écroulées témoignent de la violence de la catastrophe.
Ce n’est pas la première fois que cette région est frappée par de telles inondations. En février, un incident similaire avait eu lieu, poussant les chercheurs à recommander la délocalisation immédiate des habitants pour éviter une tragédie encore plus grande.
Jean Claude Maki, environnementaliste et chercheur au Centre de recherche en sciences naturelles de Lwiro, souligne que le phénomène n’est pas nouveau. « Nous sommes confrontés à un glissement de terrain actif identifié depuis les années 1950, couvrant environ 80 hectares vers la rivière Ruzizi », explique-t-il.
La récurrence de ces catastrophes soulève des questions sur la sécurité des infrastructures vitales notamment, la centrale électrique de la Société industrielle de l’électricité des Grands Lacs, qui alimente en énergie la RDC, le Rwanda et le Burundi. La communauté internationale et les autorités locales sont appelées à agir afin de prévenir de futures catastrophes et à soutenir les victimes de cette tragédie.
Célestin Lubo
