Tshisekedi est annoncé à Paris dimanche 28 avril prochain. Il s’agit de rassurer mais surtout, de convaincre Emmanuel Macron de faire pression sur le Rwanda pour qu’il retire ses troupes de la partie Est du territoire congolais. Entretemps se profile la rencontre au sommet entre Tshisekedi et Kagame sous la médiation de Joao Lourenço.
Contre toute attente, on apprend que l’ambassadeur de la RDC à Paris, Emile Ngoy, a rencontré la Secrétaire Générale de la Francophonie, la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Cette annonce a soulevé un tollé.
Pour rappel, les IXèmes jeux de la Francophonie à Kinshasa se sont déroulés sans Louise Mushikiwabo qui n’a pas fait le déplacement de la Capitale de la RDC. En attendant, la journée du 20 mars consacrée à la Francophonie à travers le monde, a été boycottée par la RDC en protestation de l’agression rwandaise dont elle est victime.
Les années antérieures, la RDC, deuxième pays francophone au monde en termes de locuteurs, célébrait, à sa juste valeur, cet événement. Cette journée internationale de l’espace des peuples ayant en partage la langue française, ne se montre pas solidaire au drame humanitaire causé par un pays membre de la Francophonie.
Une attitude qui ne profite pas trop au peuple congolais. Ce qui le pousse à s’interroger sur les dividendes qu’il obtient de son appartenance entière à la Francophonie. Pour preuve, le Rwanda qui a opté pour l’anglais en intégrant le Commonwealth, a été soutenu par Paris pour diriger la Francophonie au profit de la Canadienne Michaëlle Jean. Ce double jeu de la France appelle éclaircissements.
Pour ce faire, le gouvernement congolais n’exclurait pas d’envisager de quitter la Francophonie. Cette visite de Tshisekedi permettrait de tirer les choses au clair. Mais, la visite de l’Ambassadeur Emile Ngoy ne risque-t-elle pas d’entraver la démarche du Chef de l’Etat ou qu’il y a simplement obtenu le quitus de sa hiérarchie ?
Cette visite du représentant de la RDC à Paris dépasse l’entendement des Congolais au regard du passé mitigé du professeur Emile Ngoy au Rassemblement des Congolais pour la Démocratie (RCD). Surtout quand on se rappelle que c’est le bras tentaculaire du M23.
En réalité, on a pensé que le Dialogue intercongolais de Sun City résoudrait l’épineuse question de la sécurité des Tutsi congolais pour que sous aucun prétexte, l’armée de Kagame ne viole plus jamais l’intégrité territoriale de la RDC. Malheureusement, quelques temps après naquit le CNDP et puis finalement le M23 qui rebondit avec les mêmes revendications de l’époque de la signature de l’accord de Sun City en 2002.
La Pros.