Le village Silikin, situé aux encablures de Socimat, à Gombe, a été le théâtre samedi 25 avril 2026, d’une cérémonie particulièrement solennelle marquant le vernissage de l’ouvrage de M. Janvier Lemere Kiyombo, intitulé : La Justiciabilité des lois de révision constitutionnelle en droit congolais(RDC).
L’évènement, parrainé par M. Mwalu, opérateur culturel connu pour son sens de dynamisme, a récolté un succès éloquent, réunissant juristes, chercheurs et autres assoiffés du vrai savoir. C’est le Professeur Evariste Boshab, homme des sciences et enseignant respecté, qui a porté sur les fonts baptismaux l’ouvrage.
Fruit de longues années de recherches et d’une rigueur scientifique rare, le livre de Janvier Lemere aborde en profondeur et de manière dépassionnée les contours de l’ordre constitutionnel national. Dans un contexte interne secoué par le débat sur l’avenir de la Constitution de la République, promulguée en 2006 et révisée en 2011, cet ouvrage publié aux éditions du Cygne propose une large catéchèse aux praticiens du droit. Il se positionne surtout comme une boussole clé indiquant des risques que peuvent engendrer des réformes non encadrées face aux défis de gouvernance du pays.
Selon l’écrivain Janvier Lemere, lui-même, l’ouvrage mis à la portée du public comprend une dimension qui va au-delà du cadre purement scientifique. Il estime pleinement que son ouvrage vient apporter une thérapie alternative à « tout ce qu’il y a comme suspicion et crise autour du processus de révision constitutionnelle ». << On veut offrir des outils et des armes juridiques aux juges constitutionnels pour qu’ils soient en mesure de censurer ou d’invalider une loi de révision constitutionnelle qui ne serait pas conforme à la Constitution. Nous voulons interpeller les acteurs politiques pour les inviter à rester fidèles aux principes et à la vision du Constituant du 18 février 2006. Nous voulons alerter les citoyens congolais que, désormais, les mythes de l’injusticiabilité des lois de révision constitutionnelle viennent d’être brisés. Ils ont désormais la possibilité de saisir le juge constitutionnel contre des révisions constitutionnelles dangereuses », a expliqué Janvier Lemere.
Durant le processus de rédaction de son ouvrage, l’homme affirme avoir décelé trois obstacles majeurs qui consacrent notamment la doctrine souverainiste du pouvoir de révision de la Constitution.
» Les difficultés que nous avons rencontrées dans la rédaction de cet ouvrage sont de trois ordres. Premièrement, c’est la nature de la loi de révision constitutionnelle… Le deuxième obstacle est lié à la qualité de l’organe. Nous avons dégagé des théories et des principes qui balaient d’un revers de la main la doctrine souverainiste du pouvoir de révision constitutionnelle… Le troisième obstacle concerne les défauts d’habilitation. La Constitution ne se limite pas seulement aux textes écrits. La Constitution c’est aussi l’interprétation des juges constitutionnels » a clarifié ce chercheur. Dans sa thèse en cours de préparation, il a assuré que de nouvelles observations vont être formulées pour renforcer le cadre juridique congolais et le protéger de ce qu’il considère comme des initiatives dangereuses de réformes constitutionnelles.
» A la thèse, nous allons approfondir plusieurs approches notamment les mécanismes de changement anticonstitutionnels. Un changement constitutionnel qui vient bloquer le processus d’alternance démocratique est anticonstitutionnel », a-t-il soufflé, à la presse. Pendant la cérémonie de vernissage, le Professeur Evariste Boshab a marqué l’auditoire par une lecture pointue des enjeux liés aux réformes de la Constitution. Il a profité de cette occasion pour encourager Janvier Lemere à percer sur la voie de la responsabilité et à incarner sans relâche l’excellence scientifique. De même, au seuil de l’activité, M. Mwalu a épinglé le rôle de la culture comme levier d’épanouissement.
Bon à savoir
Il y a lieu de comprendre que « La justiciabilité des lois de révision constitutionnelle en droit congolais » a été rééditée.
La première édition a été publiée aux Presses universitaires de Lubumbashi en janvier 2025. Le livre a été préfacé par le Professeur Evariste Boshab et Postfacé par le Professeur Joseph Kazadi Mpiana. Le vernissage avait eu lieu à Lubumbashi. La deuxième édition a été publiée aux éditions du Cygne à Paris (France) en mars 2026. L’ouvrage a cette fois-là été prefacé par le Professeur Placide Moudoudou. Agrégé de droit public, Doyen honoraire de la Faculté de Droit, actuellement juge à la Cour constitutionnelle du Congo-Brazzaville.
Cet ouvrage, baptisé par le Professeur Evariste Boshab hier samedi, est une deuxième édition revue et augmentée.
Profil indiscutable d’un chercheur hors-pair
Il y a lieu de noter que Janvier Lemere Kiyombo Makonga est Chef de travaux au Département de Droit public à l’Université de Lubumbashi. Diplômé d’études approfondies, il s’intéresse aux questions de mutations constitutionnelles, de justice constitutionnelle, de changements anticonstitutionnels de gouvernement et d’administration territoriale. Avocat au barreau du Haut Katanga, il exerce également comme chercheur associé an Centre d’études de recherche et de prospective en Afrique (CERPA), basé à Bamako, au Mali, et à l’Institut pour la démocratie, la gouvernance et la paix en Afrique (IDGPA), situé à Kinshasa, en RDC.
GM
