Les consultations de médiation initiées par le Ministre des Droits humains, Me Samuel Mbemba Kabuya, s’installent, semaine après semaine, comme un couloir d’écoute pour des citoyens et groupes organisés en quête de réparation. Mardi 27 janvier 2026, c’était le tour des députés provinciaux honoraires de la législature 2018-2023 de faire entendre leur voix, dans un dossier aussi sensible que socialement explosif : dix mois d’arriérés des salaires et l’impaiement des indemnités de sortie.
Au-delà des chiffres, c’est surtout le récit d’une attente longue, parfois humiliant, et d’une pression familiale qui s’accumule qui a été porté à la connaissance du Ministre. Selon le collectif, plusieurs élus venus de l’intérieur du pays auraient passé près de deux ans à Kinshasa à suivre une procédure qui piétine, sans débouché clair.
La délégation est arrivée avec un mémo déjà déposé et une demande précise : obtenir, enfin, la régularisation des arriérés et le paiement des indemnités de sortie dues aux députés provinciaux arrivés au terme de leur mandat 2018-2023.
Le Ministre des Droits humains, prenant acte de la requête, a insisté sur le fait que cette démarche s’inscrivait pleinement dans ses attributions, en rappelant que les consultations hebdomadaires sont menées dans le cadre des compétences lui reconnues par les textes.
Dans une déclaration dense, le ministre a livré un engagement qui fixe la méthode et le circuit institutionnel annoncé pour la suite du dossier.
‘‘Vous êtes venus me rencontrer dans le cadre de mes attributions parce que l’Etat congolais vous doit en tant que Députés provinciaux de la législature 2018-2023. L’Etat congolais vous doit les indemnités de sortie et dix mois d’arriérés. J’ai bien noté cela. J’ai également reçu votre mémo, j’attends maintenant les détails chiffrés de votre dossier pour que je puisse à mon tour me référer à la Première Ministre. Par la suite, échanger avec les membres du Gouvernement concernés notamment, le VPM du Budget et le Ministre des Finances. Je vous rassure que je me ferais votre porte-parole au niveau du Gouvernement », s’est exprimé Samuel Mbemba, devant la délégation.
Dans l’architecture de cette promesse, deux éléments retiennent l’attention : d’abord, l’exigence des détails chiffrés étape technique mais cruciale qui conditionne la solidité du plaidoyer ; ensuite, la volonté annoncée de porter l’affaire jusqu’au niveau de la Première Ministre, puis d’ouvrir un échange direct avec les deux secteurs clés du paiement public : le Budget et les Finances.
“Nos droits sont violés” : le collectif parle au nom de 780 députés
Face à la presse, l’Honorable Joseph Magbaka Ndingbo, président du collectif, n’a pas cherché à arrondir les angles. Son propos a donné le ton d’une revendication assumée, posée dans le langage des droits, et non dans celui d’une simple requête administrative.
«Nous sommes venus rencontrer le Ministre des Droits Humains parce que nos droits sont violés par le Gouvernement. Nous enregistrons aujourd’hui dix mois d’arriérés. Nous sommes un collectif représentant 780 députés provinciaux honoraires de la législature 2018-2023. Comme nos droits sont violés, nous sommes venus rencontrer le Ministre pour qu’il puisse porter haut et fort nos désidératas et il nous a promis de nous accompagner dans cette situation. Nous félicitions le Ministre par rapport aux efforts fournis pour écouter les opprimés », a déclaré Joseph Magbaka.
Le collectif décrit une situation qui handicape plusieurs familles. C’est, en filigrane, un rappel brutal d’une réalité souvent tue : les arriérés ne s’arrêtent pas aux couloirs administratifs. Ils descendent dans les ménages, se traduisent en loyers impayés, en scolarité menacée, en soins reportés, en dettes qui s’empilent. Et, pour ceux ayant quitté leurs provinces pour venir suivre le dossier à Kinshasa, le coût humain et financier se multiplie.
La médiation, dans ce contexte, apparaît comme une tentative de désamorcer un sentiment d’abandon : écouter, enregistrer, structurer le dossier, puis l’orienter vers les centres de décision.
Cette audience du 27 janvier 2026 s’inscrit dans une dynamique hebdomadaire. Depuis le 6 janvier, Me Samuel Mbemba Kabuya reçoit chaque mardi des doléances de toutes les catégories et de tout genre. Une routine institutionnelle qui, à défaut de régler instantanément tous les cas, installe un guichet de médiation et un espace d’interpellation publique des responsabilités.
La Pros.
