Dans le langage du Gouvernement congolais, le principe reste clair peu importe l’intensité de la menace : la souveraineté de la RD. Congo ne sera pas négociée, ni troquée, ni encore moins cédée face aux appétits démesurés du Rwanda, soutien affirmé du M23. Face à l’urgence du rétablir la paix, Kinshasa assume sa stratégie diplomatique et réitère la plénitude de son narratif sur la responsabilité de la communauté internationale. Mardi 16 décembre 2025, intervenant sur France 24, Patrick Muyaya Katembwe, Ministre de la Communication et médias, Porte-parole du Gouvernement, a choisi la franchise, exigeant des actions plus dures en termes des sanctions à prendre contre le régime de Kigali et ses supplétifs, au regard de la dégradation de la situation sécuritaire née des attaques perpétrées, tout récemment, sur la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Durant cette sortie médiatique, le Porte-parole du Gouvernement congolais a démontré la nécessité pour les USA d’user de tous les mécanismes nécessaires afin de faire respecter scrupuleusement les engagements pris dans le cadre des accords signés à Washington, le 4 décembre 2025, par la RDC et le Rwanda. Selon lui, en effet, le retrait annoncé des rebelles du M23 de la ville d’Uvira relève simplement de la diversion.
‘’Il est impérieux de rappeler que la situation humanitaire est particulièrement catastrophique avec les agissements du Rwanda. Pour nous, il faut un retrait de toutes les parties du territoire national qui sont occupées par l’armée rwandaise. C’est cela le bien-fondé de l’accord… Nous avons dit qu’il faut la paix, la sécurité et nous pourrons aller vers l’économie. Dans le cadre des discussions de Doha, nous avons montré notre disponibilité. Nous nous sommes accordés sur deux mécanismes. Il en reste six… Il faut bien se poser des questions que les motivations réelles du Rwanda et du M23… La Communauté internationale devrait tirer les conséquences en prenant de manière claire des sanctions qui pourront contraindre le Rwanda de respecter sa part comme convenu à Washington’’, a interpellé le Ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya Katembwe. Dans sa dynamique, il a vivement tiré le tocsin sur la situation d’insécurité alarmante qui sévit à Uvira et ses environs, dans le Sud-Kivu, notant une nette volonté de Kigali d’instaurer un climat de terreur permanent derrière la rébellion menée par le M23, sous un silence inquiétant de la Communauté Internationale, alors que la Résolution 2773 des Nations Unies peine encore à être appliquée dans les faits sur terrain.
‘’Nous sommes préoccupés par la situation des intimidations et des menaces qu’ont subies nos populations du fait de l’action du Rwanda à travers de ses supplétifs du M23. Une manifestation de mascarade s’est organisée sous des coups de fouet et d’intimidation sur nos populations. Pour le reste, c’est un non-évènement. C’est une diversion parce que vous avez toujours entendu le M23, fils du Rwanda, dire ne pas être concerné par le processus de Washington. Comment alors la pression a été de manière claire faite sur le Rwanda, mais le M23 vient pour assumer les fautes ? Il est évident que c’est une manœuvre qui vise à distraire le médiateur américain qui est engagé à prendre des décisions. Ce qui s’est passé à Uvira est inacceptable en regardant la Résolution 2773, le Processus de Doha, le Processus de Washington… Il est inacceptable que Kigali tire des missiles à partir de son territoire pour atteindre le territoire congolais ou burundais. Il est irresponsable que Kigali utilise des drones kamikazes sur des cibles civiles. A Uvira, c’est le désarroi… Nous sommes dans des processus où il est clairement établi qu’on devrait plus voir d’offensives. Il ne faut pas oublier qu’ici, il s’agit du Processus de Washington’’, a soutenu Patrick Muyaya. Et de rappeler, dans le même élan : ‘’Souvenez que le 4 décembre, nous avons eu une cérémonie avec le Président américain. Juste après cette cérémonie, l’offensive s’est généralisée. Il est établi par tous les rapports, y compris le dernier rapport du Groupe d’Experts des Nations Unies qu’au moins 7000 militaires rwandais sont engagés sur le front de la RDC… Ce que nous attendons, c’est le retrait sans condition de toutes les parties occupées par le Rwanda. Nous sommes dans une médiation. Ce n’est pas pour rien que vous avez suivi le Secrétaire d’Etat Rubio dire qu’ils vont prendre des mesures pour faire respecter la parole du Président Trump’’.
Halte à l’inaction internationale
‘’Il est hors de questions de penser que le M23 était en droit de violer avec le Rwanda ce qui a été convenu à Washington et à Doha en lançant cette offensive généralisée. Ce n’est pas seulement sur Uvira que ces affrontements se font. Il y a d’autres parties dans le Nord-Kivu où les forces rwandaises sont particulièrement engagées. Ceci est une preuve supplémentaire que le Président rwandais, en réalité, ne croit pas à la paix. Il pense pouvoir continuer son processus de nos ressources parce que les accords qui ont été signés à Washington vont permettre à notre région de sortir définitivement des cycles de violences. Et, c’est par la violence que le Président rwandais pérenniser ses activités néfastes dans notre pays’’, a dénoncé, de vive voix, sur France 24, le Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe.
La Pros.
