La République démocratique du Congo a, une fois de plus, affirmé son rôle stratégique sur l’échiquier africain et mondial. À l’ouverture officielle de la Semaine africaine de l’UNESCO, organisée à Paris en France, la Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères, Mme Thérèse Kayikwamba Wagner, a livré un message dense, à la fois politique, environnemental et humaniste, centré sur la gouvernance des ressources hydriques du continent.
Dans une salle attentive, la cheffe de la diplomatie congolaise a d’abord tenu à inscrire son intervention dans un cadre de reconnaissance et de coopération internationale.
« Permettez-moi tout d’abord d’exprimer les remerciements de la République démocratique du Congo à l’UNESCO, ainsi qu’au Groupe d’Afrique, pour l’organisation de cette édition 2026 de la Semaine Africaine consacrée à une question qui engage à la fois notre avenir collectif, notre sécurité commune et notre développement durable, celle de l’eau. », s’est exprimé, d’entrée de jeu, la Ministre d’Etat Thérèse Kayikwamba.
Très vite, le ton est donné. L’eau n’est pas abordée comme une simple ressource, mais comme un pilier fondamental de l’existence humaine et du développement des nations :
« L’eau n’est pas seulement une ressource naturelle, elle est une condition de dignité humaine, un facteur de santé publique, un levier de développement, mais aussi un instrument de paix et de stabilité entre les peuples. »
Au centre de son plaidoyer, la place singulière de la RDC dans la géographie mondiale de l’eau. Avec le bassin du Congo, deuxième plus grand système fluvial de la planète, le pays concentre à lui seul une part décisive des ressources hydriques du continent.
« Au cœur du bassin du Congo mon pays concentre environ 52 % des réserves en eau de surface du continent africain. Plus des trois quarts des usagers du bassin vivent sur le territoire congolais. »
Un chiffre qui, au-delà de son poids statistique, implique une responsabilité majeure. La Ministre d’État insiste sur cette mission historique :
« Cette réalité confère à la République démocratique du Congo une responsabilité particulière dans la préservation des équilibres environnementaux et dans la promotion d’une gouvernance concertée des ressources hydriques. »
De l’eau comme levier de paix et de coopération
Face aux tensions potentielles liées aux ressources naturelles, Kinshasa propose une vision résolument tournée vers la coopération régionale.
« L’eau doit être un facteur de coopération et non une rivalité entre les États (…) fondée sur la solidarité régionale, l’interdépendance positive et la gestion durable des ressources partagées. »
Dans un monde marqué par les crises climatiques et les pressions démographiques, le lien entre eau, stabilité et développement est clairement établi :
« Car sans sécurité hydrique, il ne peut y avoir ni sécurité alimentaire, ni santé publique durable, ni résilience climatique, ni paix durable. »
La RDC, entre potentiel et défis
Si la RDC est riche en eau, elle n’échappe pas aux défis structurels liés à l’accès des populations à cette ressource essentielle. La Ministre l’a reconnu sans détour, évoquant une réalité paradoxale : abondance naturelle, mais accès encore inégal.
« Malgré l’abondance exceptionnelle de ces ressources hydriques, notre pays poursuit ses efforts afin d’améliorer progressivement l’accès des populations à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement particulièrement dans les zones rurales et périurbaines. »
Face à cela, le gouvernement a engagé des réformes et lancé des initiatives concrètes :
« Le programme d’accès aux services d’eau et d’assainissement, ainsi que le pacte présidentiel eau-hygiène-assainissement visent à accélérer l’accès à l’eau potable, renforcer l’assainissement et améliorer la résilience climatique des communautés. »
Autre point fort du discours : l’appel à une justice financière pour accompagner les efforts africains.
« L’Afrique doit pouvoir bénéficier des mécanismes de financement plus justes, plus innovants et plus adaptés à ces réalités. »
Dans cette optique, la RDC soutient activement la finance bleue, mettant en avant le rôle écologique global du bassin du Congo :
« Préserver le bassin du Congo, c’est préserver bien plus qu’un espace géographique africain. C’est protéger un patrimoine écologique essentiel pour l’humanité toute entière. »
En conclusion, Mme Thérèse Kayikwamba Wagner a inscrit la question de l’eau dans une perspective historique et globale :
« Alors que le XXIe siècle sera incontestablement celui de la gouvernance de l’eau, nous avons la responsabilité collective de faire de cette ressource un vecteur de paix et un instrument de développement partagé. »
Et de réaffirmer l’engagement de la RDC :
« Car préserver les eaux du bassin du Congo, c’est préserver l’avenir écologique, énergétique et humain de l’Afrique et du monde. »
Par cette intervention remarquée, la République démocratique du Congo confirme son ambition de passer du statut de pays riche en ressources à celui de véritable pays-solution, capable de transformer ses atouts naturels en leviers de développement durable, au bénéfice du continent africain et de la planète entière.
Nathan Mundele
