Dans une lettre ouverte adressée, le mercredi 9 avril, aux membres du Réseau des Associations des Professeurs des Universités et Instituts Supérieurs de la RDC, (RAPUCO) en sigle, Valet Chebujongo, citoyen congolais résidant à Kahele dans la Province du Sud-Kivu, interpelle et conscientise les enseignants qui soutiennent l’incompétence et la mauvaise gouvernance de certaines autorités du pays. Dans cette même lettre, il supplie humblement les enseignants de l’Enseignement Supérieur à se lever, de s’engager surtout de s’exprimer pour l’intérêt du pays, en particulier celui des étudiants ainsi que leurs parents.
Ci-dessous, l’intégralité de ladite lettre ouverte.
Cher(e)s Professeur(e)s Congolais(e)s, Membres du Réseau des Associations des Professeurs des Universités et Instituts Supérieurs de la RD Congo (RAPUCO),
Je me permets, à travers cette lettre ouverte, de m’adresser à vous avec respect mais aussi avec une profonde indignation, en tant que citoyen Congolais engagé et ancien étudiant de vos institutions.
Depuis 2006, nous assistons à une lente déchéance de la RDC. Malheureusement, nombreux d’entre vous, porteurs de savoirs et de valeurs, avez préféré le confort de l’observation à la responsabilité de l’action en tant que citoyen Congolais.
Au nom de la liberté d’expression et du droit d’appartenir à une organisation légale de son choix, certains d’entre vous ont choisi de soutenir des dirigeants incompétents et corrompus ; d’autres sont devenus eux-mêmes complices de cette mauvaise gouvernance.
Votre présence dans les ministères, à l’Assemblée nationale, au Sénat, et dans diverses sphères de l’administration publique de la RDC, n’a pas empêché la RD Congo de sombrer dans l’insécurité totale, l’effondrement des services sociaux de base, l’inaction face à l’occupation de nos territoires par des groupes armés, particulièrement le M23 soutenu par le Rwanda, le détournement impuni des fonds publics, spoliation des domaines de l’Etat…. Pire encore, ces réalités se déroulent sous vos yeux savants, sans réaction publique à la hauteur de vos savoirs et de vos responsabilités intellectuelles.
Je m’interroge :
– A quoi servent toutes ces théories que vous nous enseignez dans les auditoires si vous êtes incapables de les pratiquer au service du bien commun ?
– Qui voudra encore vous suivre en tant que maîtres à penser, quand vous restez silencieux face à la souffrance de vos propres étudiants et leurs parents, privés d’électricité, de sécurité, d’accès à la santé, à la communication ou au transport ?
– Quelle leçon tirez-vous des pays que vous visitez lors de vos visites, vacances ou conférences à l’étranger ?
– Pourquoi ne pas ramener chez nous un peu de ce que vous y voyez de bon ?
– Même face à l’agression par les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda, votre silence persiste. Pourquoi ?
Chers Professeurs, je ne cherche pas ici à donner des leçons. Mais je vous supplie humblement de vous lever, de vous engager, organiser, planifier, et de vous exprimer en tant qu’intellectuels responsables mais aussi victimes de la mauvaise gouvernance. Si vous décidez, aujourd’hui, d’agir pour l’intérêt supérieur de la République, en particulier pour vos étudiants et leurs parents, vous deviendrez des acteurs essentiels du changement dont notre pays a cruellement besoin.
Dans l’espoir que cette interpellation sincère trouve un écho dans vos consciences, je vous adresse mes salutations respectueuses.
