Jeudi 24 avril 2024, la Star planétaire, l’icône de la Rumba congolaise, Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba alias Papa Wemba, a totalisé, jour pour jour, huit ans dans l’au-delà. Le Patron du Groupe Viva la Musica a achevé son pèlerinage sur la terre des hommes, en 2016, sur la scène du Festival de Musique Urbaine d’Anumabo (FEMUA), à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Une disparition qui aura plongé tout un pays, son Congo natal, dans un choc profond et une totale consternation. Les mots ne suffiront peut-être pas pour le rappeler, mais c’est de cette façon-là que cette grande figure de la musique africaine a rejoint le panthéon des immortels, à l’âge de 66 ans. Toute sa vie durant, celui que l’on surnommait le Maitre d’école était au sommet de son art. Il savait ce qu’il voulait.
Par son savoir-faire, son ingéniosité et sa grandeur d’esprit, il aura su forger des talents et inspirer des générations dans la sphère musicale congolaise. On reconnaitra à Papa Wemba le mérite d’avoir été ce ‘’Leader’’ qui a guidé les premiers pas des artistes de renommée internationale tels que Reddy Amisi, Awilo Longomba ou encore King Kester Emeneya d’heureuse mémoire. Le jeune Jules a acquis ses premières notions de solfège en la paroisse Saint Joseph de Matongo où il fut choriste. C’était un grand ami à ‘’l’Abbé Coco’’. Celui-ci était, d’ailleurs, parmi les compatriotes à avoir fait le déplacement de la Côte d’Ivoire pour les formalités de rapatriement de la dépouille du fils à Maman Nyondo, qui avait également développé, au-delà du simple fait de bercer les mélomanes de la musique, de nombreuses aptitudes en cinéma. On se rappellera toujours de son film intitulé : ‘’La vie est belle’’. Papa Wemba avait, bien plus encore, un goût pour la sape. Il était d’une race rare. Un Thimonnier aux talents pointus.
Il savait, en effet, trouver, derrière ses mélodies, des mots adaptés pour attiser la flamme patriotique, interpeller ou passer n’importe quel un message. ‘’Ebale ya Congo ezali lopango te, kasi ezali se nzela’’, ‘’Bana Congo, to lamuka nanu na mpongi, totala ndenge tokoki kobongisa mboka ba Nkoko batikela biso’’, Yahvé, Yahvé benisa Congo. Yahvé, Yahvé batela Congo’’. Ces trois vers témoignent, justement, de la grandeur qu’incarnait l’homme de Lubefu.
En un mot comme en mille, le Géniteur de Molokai aura laissé un héritage impérissable dans l’histoire de la Rumba.
La commémoration de sa disparition devrait, en principe, être l’occasion unique, pour les dirigeants du secteur culturel du pays, de plonger la jeune génération dans le passé glorieux de cette figure emblématique de la musique congolaise.
Car, le vrai tombeau de Papa Wemba se trouve dans les cœurs des vivants.
GM
