Un hommage anthume couplé des souvenirs, a été rendu au journaliste-écrivain Manda Tchebwa de la République Démocratique du Congo, au cours d’une émission télévisée spéciale, à la RTNC, à Kinshasa dans le cadre de la célébration de ses 75 ans d’âge et 55 ans de carrière professionnelle dévouée à la promotion de la Rumba congolaise et de la culture en Afrique.
«Nous exprimons notre gratitude, ainsi que notre vive reconnaissance, à cet homme de médias et de culture pour avoir haussé haut la culture de notre pays, à travers ses diverses prestations prolifiques et mirifiques. Le Professeur Manda Tchebwa est venu booster la mémoire collective musicale avec un travail de grande ampleur titré « Terre de la chanson, la musique zaïroise d’hier et d’aujourd’hui », qui reste jusqu’à présent un grand référentiel pour les études sur la rumba congolaise », a témoigné Jean-Paul Ilopi, poète congolais.
Le Poète a également salué son apport intellectuel à la chronique musicale en RDC et en Afrique qui fait aujourd’hui une école d’initiation.
Icône de la chronique musicale en RDC
«C’est avec Manda Tchebwa que la chronique musicale a quitté le domaine informatif pour entrer dans celui thématique. Nous affirmons avec certitude que ce grand promoteur, et créateur, de la culture congolaise a été un de ceux qui ont fait sortir ladite chronique musicale congolaise de l’ornière, pour en faire une affaire cérébrale, avec toute la connotation intellectuelle que cela implique, mieux, que cela exige», a révélé Jean-Paul Itopi.
Et d’ajouter : « Notre conviction est qu’il se trouve être un de ceux qui ont concouru à l’éligibilité de la rumba congolaise comme patrimoine international de l’UNESCO ».
L’occasion était propice pour ce poète congolais d’exalter et décortiquer ses publications littéraires qui sont des boussoles et des références sur l’histoire la musique congolaise.
« Ceux qui l’ont lu dans notamment « Les Afriques en musique » ou « Aux sources du Jazz noir » savent qu’il a réussi avec une grande maestria à faire la démonstration selon laquelle la célèbre musique latino-américaine ou afro-caribéenne a comme source primordiale le folklore kongo. Kongo avec grand K », a-t- indiqué.
Et de poursuivre : « Manda Tchebwa est un auteur fertile qui a récidivé en sortant deux sacrés bouquins qui ont remis la pendule à l’heure, les points sur les i, les barres sur les t, pour expliquer à ses congénères la quintessence de la grandeur musicale de Grand Kallé Jeef, dans un ouvrage titré, « Grand Kallé, le panafricaniste afro-cubain’’ ». « Un autre intitulé ‘‘Papa Wemba, sur le trône de la Rumba Congolaise’’, préfacé par le président de la RDC, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi».
Et de conclure : « Manda Tchebwa fait incontestablement partie des plus grands auteurs que le pays a connu. Il est et restera immortel, non parce qu’il ne passera point l’arme à gauche, mais plutôt par ses prestations diverses, en tant que chroniqueur musical, journaliste, écrivain, chercheur, musicologue, professeur, organisateur d’événements culturels, et tutti quanti ». De son côté, Herman Bayo Bangui, président de la commission nationale chargée de la valorisation de la Rumba congolaise a fait savoir que cet hommage consiste à honorer un grand scientifique pluridisciplinaire, qui a mené des recherches dans les domaines de la musicologie, de la sociologie, de l’anthropologie, de l’histoire, de la linguistique.
« C’est d’ailleurs cet aspect de sa carrière professionnelle ayant un lien étroit avec son engagement dans la promotion de la Rumba Congolaise, en tant que chroniqueur musical et musicologue, et aussi, avec ses diverses prestations et publications, qui justifie la matérialisation de la célébration de Manda Tchebwa », a-t-il expliqué.
Un hommage médiatique digne de son rang
Rappelons que l’évènement marquant la célébration de ses 75 ans d’âge et 55 ans de carrière professionnelle a été initié le Ciciba (Centre international des civilisations bantu) en collaboration avec la Radio-Télévision Nationale Congolaise, (RTNC) qui a consacré son antenne à partir du Studio ‘‘Maman Angébi’’. Plusieurs notoriétés scientifiques, culturelles, médiatiques et littéraires du pays ont été conviées pour honorer cette icône de la Chronique musicale en RDC.
Né en 1950 à Lubumbashi, Manda Tchebwa est un homme aux multiples facettes venu à la conquête de Kinshasa pour exploser en tant que chroniqueur musical, tâche qu’il a exécutée avec un grand panache. Après une quinzaine d’années à la télévision nationale, il s’est envolé vers des cieux que réclamaient ses ambitions, notamment le Ngomo Africa à Kinshasa en RDC, et le Marché des Arts des Spectacles d’Abidjan en Côte d’Ivoire, avant de postuler pour la Direction Générale du CICIBA, en sigle.
Manda Tchebwa a été le fondateur et le premier président de l’ACMCO (Association des Chroniqueurs Musicaux du Congo). Il a formé plusieurs dauphins qui ont aujourd’hui pignon sur rue et caracolent dans diverses radios et télévisions périphériques qui seraient ses épigones. Manda Tchebwa a été le fondateur et le premier président de l’ACMCO (Association des Chroniqueurs Musicaux du Congo). Selon cet orateur, celui-ci a formé plusieurs dauphins qui ont aujourd’hui pignon sur rue, dont les célèbres Zacharie Bababaswe, Serge Kayembe et Mamie Ilela. Pour lui, presque tous les chroniqueurs musicaux éparpillés dans diverses radios et télévisions périphériques seraient ses épigones.
Jordache Diala
