Hier, mardi 30 juin 2026, dans son discours solennel, prononcé à l’occasion de la célébration du 66ème anniversaire de l’indépendance de la RD, Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, a lancé un message, à la fois, d’espoir, de détermination et d’éveil patriotique. Face aux défis multisectoriels auxquels fait face, actuellement, le pays, notamment la crise sécuritaire persistante due à l’agression rwandaise dans l’Est, la résurgence de la maladie à virus Ebola et l’épineuse question relative à la transition énergétique, le Chef de l’Etat a vivement épinglé la nécessité d’une mobilisation sans faille de l’ensemble du peuple congolais pour la paix, l’unité nationale et le développement de la République démocratique du Congo.
Dans son adresse, le Président Félix Tshisekedi a, surtout, démontré l’importance de positionner la date du 30 juin de chaque année comme un moment propice de réflexion et de prise de conscience collective sur l’avenir du Congo. Pour lui, en effet, l’urgence, pour tout un chacun des congolais, consiste, désormais, à jouer un rôle plus actif, dans la construction d’une Nation debout, forte et résiliente afin que l’indépendance politique fièrement acquise en 1960 reflète une souveraineté vécue, concrète et irréversible.
« Notre République est une maison commune. Chacun y a des droits, des devoirs, une dignité à protéger et une responsabilité à assumer. C’est pourquoi nous devons regarder au-delà des urgences du moment et préparer, avec méthode et détermination, le Congo de 2030, de 2040 et de 2050. Le Congo que nous voulons léguer à nos enfants est un Congo en paix, moderne, prospère et respecté ; un Congo où chaque enfant accède à une éducation de qualité, où chaque famille bénéficie de soins dignes, où chaque jeune peut trouver sa place, exercer son talent et réaliser ses ambitions ; un Congo où les richesses nationales se transforment en emplois, en infrastructures, en services publics et en mieux-être pour le peuple. Ce Congo ne se construira ni par la résignation, ni par la division, ni par l’attente passive. Il se construira par le travail, la discipline, l’unité, la probité et le sursaut patriotique », a préconisé le Président Tshisekedi, dans son allocution.
Vers des réformes courageuses autour de la Constitution
Comme il fallait s’y attendre, le débat actuel autour de l’avenir de la Constitution de la République, promulguée en 2006 et révisée en 2011, a occupé une place remarquable dans l’adresse solennelle du Chef de l’Etat. Entre polémique croissante et tensions observées dans l’opinion nationale ces derniers jours, Félix Tshisekedi a fixé le cap sur la sérénité et l’apaisement général, rappelant que le désaccord et la contradiction, engagés dans un esprit de respect des lois et de liberté d’expression, favorisent la vitalité démocratique. « Dans une démocratie, aucune question d’intérêt national ne doit être confisquée ni interdite de réflexion », a-t-il démontré.
Après l’adoption de la Loi référendaire au niveau de deux Chambres du Parlement, la machine semble négocier une trajectoire cruciale avant l’étape de sa promulgation. Dans son message du 30 juin, le Président Tshisekedi a indiqué, en effet, avoir saisi la Cour Constitutionnelle, dans le cadre d’une coopération interinstitutionnelle respectueuse des textes, aux fins d’examen de la constitutionnalité de Loi censée déboucher sur la tenue d’un référendum en République démocratique du Congo pour une éventuelle réforme constitutionnelle.
« S’agissant de la loi référendaire adoptée par les deux Chambres du Parlement, je tiens à rappeler qu’elle relève du fonctionnement normal de nos institutions et du principe de séparation des pouvoirs. Dans une République démocratique, le Parlement débat, délibère et légifère. Le Président de la République, garant du bon fonctionnement des institutions, exerce les prérogatives que lui confère la Constitution. Les juridictions compétentes, quant à elles, veillent au respect de l’ordre constitutionnel et de l’État de droit. C’est dans cet esprit de coopération interinstitutionnelle et de respect de l’État de droit que j’ai déféré cette loi à la Cour constitutionnelle, aux fins d’examen de sa constitutionnalité, avant sa promulgation éventuelle, conformément à l’article 160, alinéa 3, de notre Constitution. Cette démarche procède d’une conviction républicaine profonde : dans une démocratie, aucune décision, aussi importante soit-elle, ne saurait s’affranchir des règles, des procédures et des garanties que nous impose la Loi fondamentale », a soutenu le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Gloire Mfemfere
