La République Démocratique du Congo prend part, à Doha (Qatar), à la 11ème Conférence des Etats parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC), organisée du 15 au 19 décembre. La participation de la RDC à cet évènement est présentée comme un moment de redevabilité, mais aussi de mobilisation, autour de la lutte contre la corruption et la criminalité financière.
Conduite par le Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, la délégation congolaise se distingue par sa composition : au-delà du pilotage politique, elle réunit plusieurs structures nationales au cœur du dispositif anticorruption et de la traque des flux illicites notamment, la CENAREF, l’APLC, l’OSCEP, l’ITIE, ainsi que d’autres services spécialisés. Une manière, pour Kinshasa, de montrer que la lutte annoncée ne relève plus du discours, mais s’appuie sur des mécanismes et des institutions appelés à produire des résultats.
Etat partie à la CNUCC, la RDC a profité de cette tribune pour présenter le bilan des progrès réalisés et mettre sur la table les perspectives en cours de construction. Pour le ministère, la dynamique actuelle s’inscrit dans une volonté maintes fois affirmée de combattre la corruption, en ciblant des secteurs réputés sensibles et hautement exposés : les fraudes minières ainsi que les spoliations foncières et immobilières.
Dans ce sens, la source rappelle les injonctions récemment données aux autorités judiciaires civiles et militaires afin de renforcer la riposte contre ces pratiques, souvent dénoncées comme des foyers de prédation, de conflits d’intérêts et de pertes massives pour l’État.
Devant l’assemblée, Guillaume Ngefa a défendu une ligne politique qu’il présente comme non négociable : la rupture avec l’impunité. Il a insisté sur le fait que la tolérance zéro ne saurait être un simple slogan, mais une doctrine qui s’exprime par des enquêtes, des poursuites et des condamnations, sans considération de rang, de fonction ou d’appartenance politique.
Dans un propos au ton offensif, le Ministre d’Etat a également souligné que la ratification de la Convention n’avait pas vocation à rester symbolique. Il a évoqué l’ambition d’un alignement de l’appareil juridique congolais sur les standards internationaux, et la nécessité de consolider les institutions opérationnelles chargées de prévenir, détecter et réprimer la corruption.
Coopération RDC–Qatar : cap sur la mise en œuvre
En marge des travaux, un signal diplomatique important a été donné: Guillaume Ngefa a eu, lundi, un tête-à-tête avec son homologue qatari, centré sur la mise en œuvre concrète de l’accord de coopération judiciaire récemment signé entre les deux pays.
Cette étape vise l’objectif de renforcer l’entraide judiciaire, accélérer la coopération sur les dossiers transnationaux et, à terme, rendre plus efficace la lutte contre les circuits de blanchiment, la dissimulation d’avoirs et les infractions financières à dimension internationale.
Nathan Mundele
