Prince Epenge n’est pas passé par le dos de la cuillère pour fustiger ce qui touche la sensibilité de l’opposition politique congolaise sur cette question qui, pour lui, ne vaut pas son pesant d’or surtout en cette période où le pays est en proie d’insécurité dans sa partie Est et où Kinshasa, «une mégalopole, déjà dans l’insécurité absolue» ne peut même pas, selon lui, offrir un toit à ceux que le président américain Donald Trump aurait qualifié de « terroristes, voyous, prisonniers, criminels, bandits et de pédophiles » qui ne pouvaient plus résider sur le sol américain.
Un accord dont l’intérêt ne profite pas aux congolais
La prise de position acerbe de l’opposant congolais met en lumière la détermination, pour cette classe politique, de voir un Congo résolument actif à apporter des solutions idoines aux problèmes récurant de déplacement des populations ainsi que de ses réfugiés vivant dans les pays frontaliers, où ils rencontrent d’innombrables difficultés de survie. Et non faire des problèmes d’autres peuples une priorité ultime.
Alors que « 3 millions de congolais meurent tous les jours dans les camps des réfugiés », déplore-t-il, « le régime de Kinshasa se dit prêt à accueillir des réfugiés que Donald Trump lui-même qualifie de dangereux pour son pays, de criminels et de terroristes », est-il monté au créneau pour condamner cet accord dont les premières arrivées seraient annoncées avant fin avril.
Une demande d’annulation de Lamuka au Congrès américain
Dans l’optique d’opposition à cet accord, Lamuka et ADD Congo sollicitent au Congrès américain une annulation pure et nette de cette déportation de populations migrantes vers le Congo.
«D’où, Lamuka demande au Congrès américain à annuler cette déportation de populations migrantes vers le Congo », a déclaré Prince Epenge, porte-parole de cette coalition d’opposition, tout en rappelant au pays de l’oncle Sam son rôle dans la pacification de l’Est du pays comme priorité des priorités.
«Les Congolais attendent de l’Amérique la fin de la guerre pas qu’elle fasse du Congo un asile pour les fous, terroristes et pédophiles», a-t-il conclu.
Il faut rappeler que depuis plusieurs mois, l’administration américaine développe une politique d’expulsion de migrants vers des pays tiers, c’est-à-dire des Etats qui ne sont pas leur pays d’origine. Cette politique vise notamment des personnes qui ne peuvent être renvoyées dans leur pays en raison de risques de persécution. Et, la République Démocratique du Congo a aussi accepté, dans ce contexte, de participer au dispositif que le Gouvernement évoque de «limité, progressif et encadré, reposant sur un traitement au cas par cas».
César Nkangulu
