L’Est congolais est entrain, tout doucement, de tourner la page de l’insécurité qui a endeuillé cette partie de la RDC pendant plus de trois décennies. Toutes les tentatives de parvenir à une solution négociée, se sont butées à la mauvaise foi des voisins de la RDC, surtout de la partie Est.
L’adhésion de la RDC dans le regroupement des pays des Grands Lacs n’a pas apporté la paix escomptée. Le minerai congolais est resté le principal appât pour la déstabilisation de la RDC. Tous les voisins, beaucoup plus le Rwanda et l’Ouganda, ont instrumentalisé les groupes armés locaux pour créer le chaos.
A l’avènement de Tshisekedi, la RDC a voulu s’affirmer dans la région comme un partenaire qui ne cherchait qu’à vivre en paix avec ses voisins. Le M23 qu’on croyait rangé au Rwanda et en Ouganda après son désarmement, a resurgi à la surprise générale pour occuper, en premier lieu, la cité frontalière de Bunagana.
La RDC fera ainsi face à la violation de la charte de l’EAC au sujet de la politique sur le pacte de non-agression entre pays membres. Le Rwanda qui a nié toute présence de ses troupes en territoire congolais, va prétendre qu’il s’agit d’une affaire interne à la RDC avant de ressortir l’éternel épouvantail des rebelles rwandais.
Il sied de rappeler que l’armée rwandaise n’a plus dans ses rangs les militaires qui ont combattu sous le label de l’APR en 1994. La plupart sont hors-service pour raison d’âge. De la même manière, les militaires qui ont accompagné Mzee. On peut considérer, mutatis mutandis, que la vieillerie de troupes n’a pas épargné les rebelles rwandais.
Doha et Washington sont venus comme pour désacraliser le mythe entretenu par le Rwanda sur les FDLR. Beaucoup d’observateurs n’ont pas cru jusqu’à la signature de l’accord Kinshasa-Kigali sous la médiation américaine et celle de la déclaration de principe dans la capitale qatarie.
Désormais, la paix s’impose à l’Est congolais après les échecs successifs des initiatives sous régionales. Pour Kinshasa, plus rien ne sera comme avant. Le pouvoir congolais doit refonder la base de ses relations bilatérales avec les voisins des Grands Lacs aujourd’hui après que le plan de la balkanisation a été mise en déroute.
Cependant, si le Rwanda est contraint d’admettre que Washington a mis fin aux tensions armées dans l’Est de la RDC, l’Ouganda, encore nostalgique, affirme que ni le Qatar ni les USA ne peuvent trancher pour neuf pays africains voisins de la RDC en ressuscitant l’EAC et la SADC.
La Pros.