La salle Jacaranda de l’hôtel Golden Tulip, situé dans la commune de Bandalungwa, a servi de cadre à la tenue, mardi 27 janvier 2026, d’une conférence de presse inédite marquant le lancement officiel de la grande échéance de l’Impôt foncier et de l’Impôt sur les Revenus locatifs dus à la ville de Kinshasa. Fixée au 1er février 2026 et portée par le Ministère provincial des Finances et la Direction Générale des Recettes de Kinshasa, la grande échéance fiscale se veut une campagne d’envergure destinée à favoriser la mobilisation optimale des revenus fiscaux nécessaires afin de permettre à la ville de Kinshasa de disposer suffisamment des moyens de sa politique. Dans son intervention, devant la presse, Magloire Kabemba, Ministre provincial des Finances, Economie et Numérique, a, peu avant de donner le go, décliné les axes majeurs de la campagne, mettant en exergue ses différents avantages alignés dans une dynamique poussée de construction d’une ville plus durable, moderne et sécurisée, suivant la vision du Gouverneur Daniel Bumba Lubaki.
‘’Toutes les données statistiques relatives aux recettes urbaines démontrent clairement que le potentiel fiscal de la Ville de Kinshasa reste encore largement sous-exploité, notamment en matière d’impôt foncier et d’impôt sur les revenus locatifs. Nous assistons à un véritable boom immobilier dans les 24 communes qui composent la Ville de Kinshasa, mais cette urbanisation croissante ne traduit guère une augmentation correspondante des recettes fiscales urbaines. Bien au contraire, le niveau des revenus urbains est resté stagnant depuis plusieurs années. Tous les paramètres indiquent que le secteur immobilier prospère dans la Ville de Kinshasa, que la population urbaine augmente du jour au jour, entrainant ainsi un vrai essor des activités locatives à Kinshasa, mais les revenus fiscaux urbains restent stagnants. Le gouvernement provincial n’est pas resté indifférent mais appelle toutes les intelligences, aussi bien de l’administration urbaine, des opérateurs économiques, et des propriétaires fonciers et immobiliers, que de tous les kinoises et kinois, à appuyer la campagne en cours qui vise des grands résultats financiers en ce qui concerne l’impôt foncier et l’impôt sur les revenus locatifs, en particulier pour cette échéance du 1er février 2026’’, a déclaré le Ministre des Finances, Economie et Numérique.
Halte à l’incivisme fiscal
Selon Magloire Kabemba, dans le cadre de la grande échéance fiscale lancée, les villas, les appartements, les immeubles à étage, les immeubles autres qu’à étage et les autres constructions appartenant aux personnes physiques situés dans les localités de 1er, 2ème, 3ème et 4ème rang sont imposés suivant des taux forfaitaires. Leurs propriétaires sont tenus de payer un impôt qui ‘’varie de 10$ à 450 dollars américains, suivant qu’on habite Kimbanseke, Matete, Kinshasa ou Gombe’’.
Par contre, a-t-il explicité, en outre, ‘’les villas, les appartements, les immeubles à étage, les immeubles autres qu’à étage et les autres constructions appartenant aux personnes morales situés dans les localités de 1er, 2ème, 3ème et 4ème rang sont imposés en fonction de leur superficie bâtie. Cependant, a-t-il complété, ‘’pour les personnes morales autres que les sociétés immobilières propriétaires des biens sus-évoqués, l’impôt à payer varie de 1,8 à 3,5 dollars par m², tandis que pour les sociétés immobilières, le taux de l’impôt à payer varie de 3 à 8 dollars par m²’’. « Pour les propriétés non bâties, la même logique est d’application, une imposition forfaitaire de 10 à 250 USD pour les personnes physiques suivant la localité de la parcelle, un taux d’impôt calculé au m² de manière croissante pour les personnes morales suivant les localités et suivant qu’il s’agit d’une société immobilière ou non. Toute personne physique ou morale est tenue de souscrire chaque année, au plus tard le 1er février, une déclaration énonçant tous les éléments imposables ou exemptés », a déclaré le Ministre Magloire Kabemba, dans sa communication du jour.
Procédure à observer pour payer les impôts
A en croire le responsable du secteur financier de la capitale, la grande échéance fiscale de cette année apporte une solution aux difficultés constatées par le passé, dues notamment à l’insuffisance de la couverture bancaire, aux files d’attente devant les guichets des banques et à la méfiance des assujettis quant à la perception manuelle des droits urbains. Il a assuré, dans son langage, que des mécanismes de paiement sécurisés sont progressivement déployés en partenariat avec les banques commerciales et les opérateurs de monnaie électronique, afin de faciliter l’acquittement des impôts dus à la Ville. Il s’agit notamment des agents bancaires, des solutions électroniques, des procédés de paiement par mobile money. ‘’Allez à n’importe quel centre communal des recettes de la DGRK, vous y trouverez un agent bancaire auprès de qui vous allez payer votre impôt foncier ou le solde de votre Impôt sur les revenus locatifs’’, a-t-il recommandé, dans son allocution solennelle.
Présent à l’activité, M. Gérard Kajakambowa, Chargé des Missions à la DGRK, a, dans son intervention, face à la presse, insisté sur la responsabilité citoyenne, soulignant avec vivacité la nécessité pour la population kinoise de mesurer l’importance de culture fiscale, levier puissant pour le développement de Kinshasa, Capitale de la RD. Congo.
La Pros.
