Le Réseau pour le Développement Intégral du Congo (REDIC-AWFISHNET-RDC) sous la coordination de Patricia Maïsha, a organisé le 15 avril un atelier-conférence réunissant femmes, hommes et jeunes actifs dans le secteur de la pêche. L’objectif : mettre en lumière les enjeux et les opportunités de la pêche et de l’aquaculture dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et le chômage en République Démocratique du Congo. Placée sous le thème « Souveraineté et sécurité alimentaire assurée : un atout majeur pour une Paix durable », cette rencontre a permis d’insister sur le rôle stratégique du secteur halieutique dans la résilience alimentaire du pays.
L’aquaculture comme levier de sécurité alimentaire
Lors de son intervention, Patricia Maïsha, Coordonnatrice du REDIC-AWFISHNET et fervente défenseure de la souveraineté alimentaire, a souligné que la pêche artisanale et l’aquaculture sont des piliers essentiels à consolider pour faire face aux défis nutritionnels du pays. Elle a déclaré : « L’aquaculture reste le complément majeur à la pêche pour faire face à la malnutrition et garantir la sécurité alimentaire en RDC. »
Pour elle, ces activités, profondément enracinées dans les communautés locales, doivent être valorisées non seulement comme sources de revenus, mais aussi comme moteurs de développement durable.
Menaces sur le secteur : pêche illégale et exploitation abusive
Les participantes, notamment des femmes entrepreneures dans la pisciculture, ont dénoncé l’envahissement du secteur par des industries de pêche étrangères, principalement chinoises et libanaises. Elles accusent ces groupes de mener des activités de pêche illégale, utilisant des techniques interdites et destructrices, mettant en péril l’écosystème aquatique et les moyens de subsistance des communautés riveraines.
Patricia Maïsha a également rappelé les nombreux facteurs qui affectent la production halieutique : changement climatique, disparition de certaines espèces, surpêche, manque d’encadrement, et faible application de la réglementation.
Des solutions concrètes : vers une filière structurée et résiliente
Face à ce constat préoccupant, le REDIC-AWFSHNET (African Women Processors and Traders Network=Réseau Africain des femmes Transformatrices et commerçantes des Poissons) propose des actions concrètes. Parmi celles-ci :
La construction de centres d’alevinage et d’élevage de poissons dotés d’étangs en bac à béton.
La mise en place de minoteries locales pour produire de l’aliment à poisson.
L’adhésion à un projet pilote en pisciculture urbaine pour mutualiser les forces des acteurs. Un système de réseautage et d’accompagnement entre éleveurs et fournisseurs d’intrants. En parallèle, l’organisation poursuit un plaidoyer actif auprès des autorités pour une meilleure réglementation et un encadrement des acteurs.
Un engagement fort pour le développement durable
A travers son action, Patricia Maïsha incarne l’image d’une femme engagée, déterminée à défendre la souveraineté alimentaire de son pays. Elle réaffirme son soutien aux initiatives locales et aux organisations des acteurs non étatiques œuvrant dans le secteur pêche et aquaculture.
Son message est clair : la RDC possède les ressources et le potentiel nécessaires pour nourrir sa population. Il est temps de protéger et valoriser ses filières locales, notamment la pêche et l’aquaculture, afin d’assurer un avenir alimentaire sûr et souverain.
La Pros.
