Les rideaux sont tombés, samedi 22 novembre 2025 à Kinshasa, sur les travaux cumulés de la 47ème Conférence des Présidents et de la 84ème Réunion du Comité Exécutif de l’Union Parlementaire Africaine (UPA). Au terme d’intenses délibérations, plusieurs décisions structurantes ont été adoptées, marquant une étape importante dans la vie de l’organisation interparlementaire continentale.
Perspectives de prochaines assises
Conformément à l’article 10, alinéa 6 de la Charte de l’UPA, la présidence du Comité Exécutif a été confiée au pays hôte. Après concertation entre les deux chambres du Parlement congolais, l’Honorable Jean-Michel Sama Lukonde, Président du Sénat, a été désigné pour présider le Comité Exécutif de la 48ème Conférence des Présidents de l’UPA prévue entre octobre et novembre 2026.
Les participants ont également convenu que les prochaines assises se tiendront durant cette même période, tout en laissant ouvert le dépôt des candidatures des Etats membres désireux d’accueillir ces assises. Le lieu et les dates précises seront arrêtés ultérieurement, d’un commun accord entre le pays retenu et le Secrétariat général de l’UPA.
Respect strict des droits humains
Dans un contexte africain marqué par une situation sécuritaire préoccupante, les parlementaires ont condamné les violations des droits humains en République Démocratique du Congo, au Soudan et au Mali. Ils ont exprimé un soutien indéfectible à ces trois nations et salué les avancées obtenues dans la recherche de la paix, notamment en RDC. Ils ont, à cet effet, appelé les partenaires internationaux à renforcer leur appui en faveur de la stabilité dans ces pays.
Les femmes parlementaires membres de l’UPA ont, pour leur part, dénoncé les violences faites aux femmes et aux enfants dans les zones en proie aux conflits. Elles ont adressé un message particulier de solidarité aux femmes congolaises victimes d’exactions récurrentes dans l’Est du pays.
Encadrement de la jeunesse africaine
La jeunesse africaine, représentée par l’Organisation des Jeunes de l’Union Africaine, a salué la présence remarquée de jeunes autorités congolaises à la tête de plusieurs institutions. Elle a invité l’UPA à mettre en place un mécanisme structuré d’encadrement des jeunes, en raison de leur poids démographique et de leur rôle majeur dans l’avenir du continent.
Au nom des autorités nationales et du peuple congolais, le Président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a exprimé sa gratitude aux délégations présentes, saluant la qualité de l’organisation et l’hospitalité offertes par la capitale congolaise. Il a officiellement déclaré clos les travaux de la 84ème Réunion du Comité Exécutif et de la 47ème Conférence des Présidents.
Zoom sur les travaux en commissions
La dernière journée a été consacrée aux travaux en commissions. Deux structures ont été constituées : la Commission politique et la Commission économique et du développement durable.
La Commission politique a axé ses réflexions sur la consolidation de la souveraineté nationale des Etats africains, dans la perspective du développement durable. Les débats ont mis en lumière la nécessité de renforcer les capacités des Etats dans les domaines de la sécurité, de l’alimentation, de la culture et d’autres secteurs stratégiques. La question de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples a suscité un échange particulièrement animé.
Le rapport de cette commission a été adopté moyennant amendements, et une recommandation forte a été adressée aux États africains afin de soutenir la RDC face aux agressions dont elle est victime.
La Commission économique et du développement durable a, quant à elle, porté son analyse sur les défis de la transition énergétique et sur le développement des énergies renouvelables en Afrique. Les parlementaires ont insisté sur l’urgence de promouvoir un développement durable et de préserver la souveraineté énergétique du continent, tout en restant ouverts à une coopération constructive avec les autres régions du monde.
C’est dans une ambiance empreinte de satisfaction générale que se sont achevées ces assises de Kinshasa, lesquelles auront permis de tracer des perspectives nouvelles pour l’action parlementaire africaine.
Rappel des faits
En effet, les éditions tenues cette année à Kinshasa se sont inscrites dans le prolongement des résolutions adoptées à N’Djamena en octobre 2024, puis consolidées à Rabat en mai 2025, marquant la continuité et la montée en puissance du rôle de l’UPA dans la structuration de la diplomatie parlementaire africaine.
Les sessions de Kinshasa ont été marquées par l’examen du programme annuel de travail pour 2026, l’étude et l’adoption du projet de budget, ainsi que la présentation des rapports issus des différentes commissions.
Les échanges ont principalement porté sur des thématiques majeures telles que :
- la consolidation de la souveraineté nationale comme levier de développement durable ;
- la gouvernance et l’équité dans la transition énergétique ;
- la régulation et l’inclusion numérique, notamment au service des droits et de l’autonomisation de la femme.
Quid sur l’UPA ?
Créée le 13 février 1976 à Abidjan et forte aujourd’hui de 42 membres, l’Union Parlementaire Africaine est l’un des cadres les plus influents du dialogue interinstitutionnel africain. Elle œuvre pour la coopération parlementaire, la consolidation de la paix, le renforcement de la démocratie, l’unité d’action législative ainsi que l’élaboration d’une communauté juridique continentale adaptée aux défis spécifiques du continent.
John Ngoyi
