L’acteur socio-politique congolais Stéphane Muadi Van est revenu ce jeudi 28 mai pour dénoncer ce qu’il considère comme une multiplication de coalitions politiques sans impact réel sur les préoccupations quotidiennes des Congolais.
Alors que plusieurs regroupements et plateformes politiques émergent sur la scène nationale — notamment C64 du côté de l’opposition, Coalition 64 proche du pouvoir ou encore Coalition 65 présentée comme un mouvement de jeunesse — l’opposant congolais estime que ces initiatives relèvent davantage de la communication politique que de véritables solutions aux problèmes du pays. « Certains politiques congolais sont spécialisés dans la création de titres et slogans qui intriguent. On dirait des modèles de voitures Citroën ou des tailles de vêtements. Pendant ce temps, le pays tourne en rond et les Congolais crèvent », a déclaré Stéphane Muadi Van.
Connu pour ses prises de position tranchées, le président du Mouvement Réformateur Congolais (MRC) affirme être fatigué des débats qu’il juge superficiels et déconnectés des réalités sociales du pays. Il vise particulièrement le débat autour de la révision constitutionnelle, sujet qui continue de diviser la classe politique congolaise. Selon lui, vouloir modifier la Constitution à l’approche de la fin du mandat du président Félix Tshisekedi soulève des interrogations politiques majeures.
« On ne change pas la Constitution en fin de mandat sauf si c’est pour chercher à se maintenir au pouvoir. Félix Tshisekedi est en fin de mandat. Dans deux ans, il doit partir. Point barre », a-t-il affirmé. Pour Stéphane Muadi Van, les véritables urgences nationales concernent plutôt les crises économiques, sociales, sécuritaires et sanitaires qui touchent quotidiennement la population congolaise. Il estime que le pays perd un temps précieux dans des querelles politiques alors que les défis majeurs continuent de s’aggraver. « Beaucoup d’acteurs politiques et économiques ont causé des problèmes graves. Bientôt, ils devront répondre de leurs actes. Nous perdons un temps très précieux », a-t-il lancé. L’opposant ne limite pas ses critiques au pouvoir en place. Il s’en prend également à plusieurs figures de l’opposition congolaise qu’il accuse de privilégier des intérêts personnels plutôt qu’un véritable projet de société. Dans sa sortie médiatique, il cite notamment Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Martin Fayulu et Matata Ponyo, estimant que les nouvelles plateformes politiques annoncées ne répondent pas aux attentes profondes de la population.
« Cette plateforme n’a rien de social. C’est uniquement pour leurs egos et intérêts », a-t-il déclaré. Stéphane Muadi Van a également adressé un message direct à la jeunesse congolaise, qu’il décrit comme consciente, éveillée et de plus en plus frustrée face à la situation du pays. Selon lui, les jeunes Congolais réclament des actions concrètes et non de nouveaux slogans politiques. « La jeunesse veut du changement maintenant et pas un changement de texte. Elle veut des actes utiles et intelligents », a-t-il insisté, appelant cette dernière à soutenir le MRC afin de « renverser la situation au moment venu ».
Le ton employé par l’opposant traduit une profonde défiance envers la classe politique congolaise, qu’il accuse d’entretenir des distractions politiques alors que les véritables problèmes du pays demeurent sans solutions durables. Dans son intervention, Stéphane Muadi Van a également adressé une mise en garde à l’ancien président Joseph Kabila, estimant que l’entêtement politique peut conduire à des conséquences graves.
« Quand on s’obstine et qu’on ne veut pas écouter, cela finit toujours mal », a-t-il conclu. Cette nouvelle sortie médiatique intervient dans un climat politique particulièrement tendu en RDC, marqué par les débats autour de la révision constitutionnelle, les recompositions politiques à Kinshasa et les préoccupations croissantes de la population face à la situation économique et sécuritaire du pays.
Bosco Kiaka
