L’appel lancé par l’Union sacrée de la Nation (USN) pour recueillir des propositions de réforme constitutionnelle semble être un miroir déformant de la réalité politique en République Démocratique du Congo. À première vue, cette initiative pourrait apparaître comme une nécessité démocratique. Cependant, le scepticisme ambiant au sein de l’opposition et de la société civile soulève des questions cruciales quant à son véritable objectif.
Les critiques, portées notamment par des figures emblématiques comme Jean-Claude Katende de la société civile, mettent en lumière ce qui est de plus en plus perçu comme une manœuvre de diversion. Face à des enjeux sociopolitiques d’une gravité inédite – tels que la crise humanitaire dans l’Est, le manque de ressources de base et l’insécurité croissante – l’urgence d’un dialogue et d’action concrète est criante. La crédibilité d’un processus dont l’issue semble déjà déterminée par le pouvoir en place est donc légitimement remise en question. Au sein de l’opposition, la plateforme Lamuka ne fait pas dans la dentelle. La ferme déclaration de son porte-parole, Prince Epenge, renvoie à une réalité amère : les Congolais ont un besoin pressant de solutions concrètes plutôt que de querelles juridiques ou de débats théoriques. En cette période de crise, où des millions de concitoyens se battent pour accéder à l’eau potable ou à la sécurité, le changement de la Constitution apparaît comme une prétérition inopportune et inadaptée. Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est la menace que représente l’éventualité d’un troisième mandat. Une telle proposition, décrite comme « clivante », n’est pas seulement une question de légalité ; elle soulève aussi des craintes légitimes d’une nouvelle vague d’instabilité dans un pays déjà meurtri par les affrontements et les conflits internes. Le mot « rébellion » utilisé par la plateforme Lamuka dans ce contexte n’est pas qu’un simple terme politique, mais une allusion à l’histoire chargée et tragique de luttes pour le pouvoir en RDC. Les vrais défis se cachent derrière cette réforme constitutionnelle. Le peuple congolais aspire à la satisfaction de ses besoins fondamentaux, à la fin de la précarité sociale, et à une amélioration des conditions de vie. L’engagement immédiat à adresser ces questions devrait être la priorité de tous ceux qui se prétendent au service de la nation. Pour des observateurs avertis, une réforme constitutionnelle dans un contexte de crise profonde ne peut être qu’une illusion si elle ne s’accompagne pas d’un engagement sincère envers les véritables problèmes du pays. Les vœux de l’Union sacrée doivent, avant tout, s’accorder avec la réalité du quotidien des Congolais. Laissons de côté les manœuvres politiques et concentrons-nous sur l’essentiel : la dignité humaine, la justice sociale, et un avenir meilleur pour tous.
La Pros.