Au lendemain de la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, le Gouvernement est passé rapidement à la vitesse supérieure. Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, s’est rendu ce 17 mai 2026 à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, épicentre de cette nouvelle flambée, afin d’évaluer la situation et de renforcer la coordination de la riposte.
Ce déplacement express traduit une volonté politique claire : contenir la propagation du virus et protéger les populations. Sur place, le ministre s’est imprégné des réalités du terrain, tout en réaffirmant l’engagement des autorités nationales à travailler en synergie avec les autorités provinciales, les équipes médicales et les partenaires internationaux.
Dans cette dynamique, un important lot de matériels et équipements médicaux a été acheminé à Bunia. Tentes, lits, matelas et dispositifs d’isolement figurent parmi les moyens déployés pour renforcer les capacités des structures sanitaires locales. L’objectif est double : assurer une meilleure prise en charge des patients et garantir la protection du personnel de santé en première ligne.
La représentante intérimaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en RDC, Dr Anne Ancia, a souligné l’ampleur du dispositif mis en place. Plus de 40 experts, issus notamment du Centre des opérations d’urgence, de l’Institut national de santé publique et de l’OMS, ont été mobilisés pour appuyer la riposte.
Cette 17ᵉ épidémie, confirmée à partir d’analyses réalisées par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), est liée à la souche Bundibugyo, déjà identifiée en 2012 à Isiro. À ce stade, les autorités sanitaires recensent 246 cas suspects et 80 décès, répartis principalement dans trois zones de santé : Mungwalu, Rwampara et Bunia.
La situation est d’autant plus préoccupante que certaines zones touchées, notamment Mungwalu, sont caractérisées par une forte mobilité des populations. Ce contexte expose non seulement les provinces voisines comme le Nord-Kivu et la Tshopo, mais également les pays frontaliers tels que l’Ouganda et le Soudan du Sud.
Face à ce risque de propagation, le Gouvernement se veut rassurant. Fort de son expérience dans la gestion des précédentes épidémies d’Ebola, le pays dispose de compétences avérées et d’un dispositif de riposte structuré. Toutefois, le défi reste de taille, d’autant plus que la souche Bundibugyo ne bénéficie ni de vaccin ni de traitement spécifique à ce jour.
Dans ce contexte, les autorités sanitaires appellent à la vigilance collective. Le respect strict des mesures préventives demeure crucial : signalement rapide des cas suspects, lavage régulier des mains, évitement des contacts avec les personnes symptomatiques et suspension des rites funéraires à risque.
Plus que jamais, la bataille contre Ebola repose sur une mobilisation générale. Entre action gouvernementale, appui des partenaires et responsabilité citoyenne, la riposte s’organise pour éviter une propagation à grande échelle et préserver la santé des populations.
Nathan Mundele
