A la veille de la reprise du processus de paix dit de « Doha », prévue cette semaine en Suisse entre les délégués du Gouvernement de la République Démocratique du Congo et ceux de la rébellion de l’AFC/M23, les appels à la cohésion nationale se multiplient au sein de la classe politique congolaise. Parmi les voix les plus audibles, celle du Député National Patrick Munyomo Basilwango, élu de Goma au Nord-Kivu, qui a saisi l’occasion d’un échange avec la presse, samedi 11 avril 2026, pour réaffirmer la nécessité d’une union sacrée autour des initiatives de paix engagées par les autorités du pays. Dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant dans l’Est de la RDC, le parlementaire, membre du regroupement politique AFDC-A, a tenu à rassurer les populations quant à l’engagement du Chef de l’Etat à restaurer durablement la paix dans cette partie du territoire national. Selon lui, la reprise imminente des discussions constitue une étape importante dans la consolidation des efforts diplomatiques entrepris au plus haut niveau de l’Etat.
Un message de rassurance à la veille des pourparlers
Face à la presse, l’élu de l’AFDC-A a tenu à rassurer les populations, tout en insistant sur la portée stratégique de la reprise imminente des discussions. «Vous devez savoir qu’à partir de la semaine prochaine, le processus de paix de Doha va reprendre en Suisse entre notre gouvernement et la rébellion de l’AFC/M23», a-t-il déclaré, situant ainsi l’importance du moment dans l’agenda diplomatique de la RDC.
Dans un ton empreint de gravité, mais également d’espoir, Patrick Munyomo a relayé le message de l’Exécutif national quant à la détermination à restaurer la paix dans l’Est. « J’ai été instruit par le Chef de l’État Félix Tshisekedi d’assurer la population de l’Est de la RDC que la paix va revenir très bientôt », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « Le Chef de l’Etat met tout en œuvre pour que la paix revienne très prochainement dans l’Est de notre pays ».
L’unité nationale, condition d’une paix durable
Au-delà de l’action diplomatique, le parlementaire a placé l’unité nationale au cœur de la solution. « Pour que cette paix durable puisse revenir, nous avons besoin de l’unité nationale. C’est un moment où nous devons dépasser les clivages politiques, les appartenances et les divisions », a-t-il insisté. Dans cette perspective, il a lancé un appel inclusif à l’ensemble des forces vives de la Nation : « Qu’il s’agisse des acteurs politiques, de la société civile, des journalistes, des leaders d’opinion ou des citoyens, nous devons tous nous mobiliser derrière la vision du chef de l’État pour restaurer une paix durable ».
Des avancées diplomatiques à consolider au Parlement
Evoquant les avancées diplomatiques enregistrées ces derniers mois, Patrick Munyomo a également mis en lumière les démarches entreprises au niveau international. Il a notamment rappelé les engagements issus des discussions entre la RDC et le Rwanda, facilités par les États-Unis. « Aujourd’hui, au niveau du Parlement, nous avons reçu les accords signés à Washington. Ils ont été transmis pour examen et ratification au cours de la session de mars 2026 », a-t-il précisé, soulignant ainsi le rôle du pouvoir législatif dans la consolidation de ces acquis.
Dans un message empreint d’empathie, l’élu de Goma s’est adressé aux populations de l’Est, confrontées à des décennies de violences. « A mes frères et sœurs de l’Est, je tiens à dire que vous avez suivi les nombreux déplacements du chef de l’État à travers le monde… Ces démarches témoignent des efforts constants pour ramener la paix chez nous », a-t-il déclaré, traduisant sa solidarité face aux souffrances endurées.
Une nouvelle opportunité de désescalade
Il sied de rappeler que le processus de Doha, amorcé en novembre 2025, n’avait permis d’aboutir qu’à des avancées limitées, notamment la mise en place d’un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu et d’un dispositif d’échange de prisonniers. Les questions essentielles liées à l’avenir du M23, au retour des réfugiés et à la justice transitionnelle étaient restées en suspens.
La fragilité de ces acquis s’est rapidement illustrée par la reprise des hostilités dès le 1er décembre 2025, avec l’offensive du M23 en direction du Sud-Kivu, conduisant notamment à la chute de la ville d’Uvira. Cette dégradation de la situation avait entraîné la suspension de plusieurs mécanismes de concertation, notamment le dispositif conjoint de coordination sécuritaire entre Kinshasa et Kigali.
Cependant, les récentes rencontres diplomatiques, notamment celles tenues les 17 et 18 mars 2026 à Washington entre les Etats-Unis, la RDC et le Rwanda, ont permis de relancer une dynamique de désescalade. Dans ce contexte, la reprise annoncée des pourparlers apparaît comme une opportunité décisive pour redonner un nouveau souffle au processus de paix.
John Ngoyi
