Lundi 8 décembre 2025, la « Société Civile du Congo » (SOCICO) a, par la plume de son Président national Pontien Nyembo, adressé au Président américain Donald Trump un plaidoyer formel dans le but de solliciter un processus de paix plus inclusif pour l’Est de la République Démocratique du Congo. Cela souligne donc l’importance perçue du rôle américain dans le processus de paix. Bien que la SOCICO salue les efforts de paix menés par les États-Unis entre la RDC et le Rwanda, elle exprime de profondes inquiétudes.
Réservant une copie aux Chefs d’Etats de la RDC, de la Chine et de l’Afrique du Sud, cette coordination d’organisations non gouvernementales en RDC dénonce l’exclusion des Acteurs Locaux.
A l’en croire, les négociations ont exclu des composantes vitales de la société congolaise : la société civile elle-même, les chefs coutumiers, les leaders religieux, la diaspora et même les groupes d’autodéfense locaux. Alors que, selon Pontien Nyembo, ces groupes sont les « véritables acteurs de terrain » et que leur absence compromet toute chance de paix durable.
Déséquilibre Régional
L’absence de puissances régionales comme l’Afrique du Sud et d’un acteur mondial comme la Chine est perçue comme un facteur de déséquilibre qui pourrait nuire à la pérennité de l’accord.
Centralité de la Justice
La SOCICO insiste sur le fait qu’une paix durable ne peut être atteinte sans un processus centré sur la justice, la reconnaissance des victimes, les réparations et une véritable réconciliation. C’est une critique des accords qui privilégient souvent la stabilité politique au détriment de la justice pour les populations affectées.
Au terme de son plaidoyer, la Société Civile Congolaise dit ne pas se sentir liée (« ne saurait engager ») par un accord conclu sans sa participation. C’est une déclaration forte qui remet en question la légitimité de tout accord qui ne serait pas inclusif.
Il faut noter que ce document est un exemple puissant de la volonté de la société civile congolaise de jouer un rôle central dans la résolution des conflits qui déchirent le pays, en opposition aux processus de paix « top-down » (du sommet vers la base) menés par des acteurs étatiques et internationaux sans consultation locale suffisante.
César Nkangulu
