Didi Kembwarss, expert congolais des questions culturelles, a appelé les professionnels des arts et de la culture de s’imprégner, de maîtriser et de vulgariser le décret portant « statut d’artiste » en République démocratique du Congo (RDC) qui constitue le fondement légal et social pour l’encadrement et l’exercice de leur profession.
« Le problème est que beaucoup d’artistes ignorent encore le contenu du statut d’artiste et ne s’y intéressent pas, alors même qu’il s’agit d’un texte essentiel pour leur avenir. Ce statut ne se limite pas à un simple document administratif : il consacre enfin la reconnaissance légale de l’artiste en tant que travailleur à part entière, doté de droits, de devoirs et d’une protection sociale spécifique », a-t-il fait savoir dans sa tribune.
« Nombreux sont ceux qui continuent à exercer sans en connaître les implications, ni les avantages que ce document offre. Qu’il s’agisse de la sécurité sociale, des droits d’auteur, des conditions de travail ou de la protection contre l’exploitation », a ajouté l’expert.
Pour Kembwarss Didi, l’effet d’ignorer ce décret signifie que l’artiste renonce à une partie de sa dignité professionnelle.
« Chaque artiste devrait s’en approprier le contenu, le comprendre et le défendre. Car un droit méconnu est un droit perdu », a-t-il recommandé.
C’est depuis le mois de juin dernier, renseigne que le gouvernement congolais a signé le décret portant statut de l’artiste et des professionnels de la culture en RDC. Ce texte porté par Yolande Elebe, ministre de la culture, vise à créer un environnement spécifique pour les artistes, en leur assurant une autonomie financière, une protection sociale et une formation continue.
Il les incite à œuvrer dans une dynamique associative et formelle mais aussi à leur imposer des obligations fiscales grâce auxquelles le secteur culturel pourra contribuer davantage au budget de l’État.
Ce décret permet aussi à assurer aux créateurs des conditions et un environnement de travail conséquent des facilités diverses à même de les hisser au niveau des vrais acteurs de développement avec des droits et des devoirs. « Ce statut vise donc à les inciter vers leur professionnalisation effective, leur insertion progressive dans les secteurs classiques du travail et leur intégration dans la sphère socio-économique du pays », a soutenu le ministère de la culture.
JD
