(Par le Sénateur Prof. Faustin Luanga)
Les mots du Président Félix Tshisekedi à Tshikapa, affirmant que «les jeunes doivent se débrouiller pour créer de l’emploi, l’Etat ne peut pas donner de l’emploi à tout le monde», résonnent comme un cri de ralliement à l’autonomie. Toutefois, pris en isolement, cette déclaration soulève des interrogations sur la responsabilité de l’Etat envers sa jeunesse. Plutôt que de simplement encourager les jeunes à se débrouiller, il serait peut-être plus judicieux de parler et d’envisager des actions concrètes pour stimuler l’entrepreneuriat et l’innovation au sein du pays.
La création d’emploi constitue un défi colossal, notamment dans une nation où le chômage est endémique et le taux de pauvreté très élevé touchant environ deux tiers de la population du pays. Les jeunes de Tshikapa et de toute la République Démocratique du Congo se trouvent confrontés à des obstacles considérables.
Pourtant, ils possèdent un potentiel immense. Des initiatives telles que des programmes de formation adaptés aux besoins du marché et des incitations fiscales pour les start-ups pourraient faire la différence. Par exemple, des pays comme le Kenya ont réussi à dynamiser leur secteur technologique en soutenant les jeunes entrepreneurs par des formations et des financements. Un tel modèle pourrait être une source d’inspiration pour la RDC.
Un autre aspect à considérer est l’importance d’un environnement propice à l’innovation. La mise en place d’infrastructures adéquates, telles que des espaces de coworking ou des incubateurs d’entreprises, pourrait encourager les jeunes à développer leurs idées. Des partenariats avec le secteur privé pourraient également jouer un rôle clé dans cette dynamique.
En s’associant à des entreprises, l’Etat pourrait faciliter l’accès à des ressources et à des réseaux, permettant ainsi aux jeunes de concrétiser leurs projets. De plus, le discours du Président, pris en isolement pourrait être perçu comme un manque de compréhension des réalités des Congolais. Les jeunes aspirent à être entendus et à voir leur gouvernement agir pour améliorer leurs conditions de vie. Une approche plus empathique, combinée à des mesures concrètes, pourrait non seulement galvaniser la jeunesse, mais aussi renforcer la confiance dans les institutions.
En fournissant un soutien réel aux initiatives locales, comme la finalisation de programme de développement des territoires, l’Etat montrerait qu’il est à l’écoute des besoins de ses citoyens.
En conclusion, bien que l’appel à l’autonomie soit légitime, il est essentiel que le gouvernement de la République Démocratique du Congo prenne également des mesures concrètes pour soutenir ses jeunes. La création d’un environnement favorable à l’entrepreneuriat, par le biais de formations, d’infrastructures et de partenariats, pourrait transformer cette exhortation en une véritable promesse de changement.
La jeunesse mérite une chance d’épanouissement, et seule une action concertée pourra véritablement faire la différence. Salut chez vous et meilleurs vœux.
Que 2025 soit mieux que 2024, tel est le progrès…
