(Par Steve Mbikayi)
Dimanche, 28 décembre 2025-À l’approche d’une issue favorable pour la République démocratique du Congo dans la guerre qui l’oppose au Rwanda, un fait saute aux yeux : une nervosité inhabituelle s’installe du côté de certains princes de l’Église, tandis qu’une agitation calculée gagne l’opposition politique.
En principe, en ce moment où l’agresseur est acculé, majorité, opposition, société civile, y compris l’Église catholique, se dresseraient d’un seul homme pour acculer l’agresseur, chasser l’intrus de notre maison et, une fois la paix restaurée, régler nos différends entre Congolais, en famille.
Car oui, le temps d’un dialogue viendra. L’arbre à palabres devra être dressé, probablement à l’horizon 2027, dans un contexte apaisé. La guerre en cours n’a pas permis une préparation sereine des élections prévues pour 2028. Un dialogue politique sera alors nécessaire, franc, inclusif et sans tabous. Toutes les questions y seront abordées : l’organisation des prochaines élections, les propositions de fédéralisme défendues par certains, celles relatives au septennat, à la limitation ou non des mandats proposées par les autres.
Mais en attendant, une priorité s’impose : la fin de la guerre et la restauration de l’intégrité territoriale.
Or, il est pour le moins troublant de constater que la CENCO et l’opposition politique ne martèlent que sur le dialogue politique. À cet effet, ils ne cessent d’intoxiquer l’opinion.
C’est dans cette logique qu’a été fabriquée de toutes pièces l’histoire d’un prétendu contrat d’exploitation minière de 99 ans, inexistant, cousu de fil blanc et destiné uniquement à pousser la population à la révolte.
Pendant que des puissances étrangères travaillent pour exiger le retrait des troupes rwandaises, certains opposants congolais, eux, ont choisi une autre voie : le lobbying au Congrès des États-Unis.
C’est ainsi qu’en été dernier, ils avaient fait un lobbying au Congrès américain et introduit une proposition de résolution portée par le congressman républicain Christopher H. Smith du New Jersey. Concepteurs du projet : les dirigeants de l’Ensemble pour la République et ceux de Sauvons la RDC. Leur projet portait essentiellement sur l’interdiction d’un troisième mandat en RDC et sur la convocation d’un dialogue politique sous le modèle catholiques-protestants.
Cette proposition a été adoptée le 25 juin 2025, après avoir été amendée et enrichie. Elle insiste notamment sur le dialogue politique inclusif, sans parler du nombre des mandats à la présidence. En ont-ils le droit ?
Fait révélateur : des opposants s’en félicitent bruyamment, allant jusqu’à prétendre, au mépris le plus élémentaire des normes du droit international, que cette résolution, votée bien avant, viendrait annuler l’accord de paix signé entre la RDC et le Rwanda.
Faut-il leur rappeler que la RDC n’est pas un 51ᵉ État des États-Unis ?
Qu’une résolution du Congrès américain n’est pas une loi contraignante, encore moins un acte juridique à portée universelle ?
Qu’elle n’est pas contraignante ?
Cette ignorance, ou cette manipulation, est grave. Elle révèle un déficit inquiétant de patriotisme chez certains opposants politiques et chez une minorité de membres de la CENCO (beaucoup ne sont pas dans cette logique).
Comment peut-on s’opposer à un accord de paix signé par son propre pays avec un État agresseur, alors que cet accord vise à sauver des populations meurtries par plus de trois décennies de massacres, à mettre fin à des pillages systématiques dénoncés par la communauté internationale tout entière ?
N’en déplaise à certains, la fin de la guerre est proche. 2026 sera une année de victoire.
Une année de rétablissement de la paix sur l’ensemble du territoire national.
Une paix conquise au prix de lourds sacrifices et de dizaines de milliers de Congolais qui gisent dans le plus vaste cimetière silencieux de l’Est de la RDC.
