La question du statut juridique des danseuses dans les groupes musicaux en République démocratique du Congo (RDC) a été au centre d’une conférence virtuelle organisée mercredi par une plateforme artistique basée à Kinshasa.
«Ces jeunes filles talentueuses et passionnées exercent le métier de la danse dans des conditions précaires, sans aucun cadre légal, ni protection juridique. Leur avenir professionnel repose trop souvent sur la seule bienveillance du patron du groupe. Cette politique de travail que nous connaissons bien, ouvre la porte à de nombreux abus. Raison pour laquelle, il est fondamental que la question sur le statut de danseuse soit discutée afin de pousser les décideurs à régir par rapport à leur travail. Car, les danseuses jouent un rôle important dans notre musique», a déclaré Didi Kembwarss, représentant du collectif des artistes et culturels (CAC) à Paris.
«Il est inacceptable qu’en 2025, la contribution artistique de ces danseuses continue d’être minimisée et que leur dignité dépende uniquement de rapports de force déséquilibrés. Sans statut reconnu, beaucoup finissent, de gré ou de force, par devenir les maîtresses de leurs employeurs (…), une situation qui fragilise leur intégrité et discrédite leur art », a-t-il déploré.
Toutefois, l’acteur culturel a lancé un appel pour la mise en place d’un statut officiel pour la protection juridique de ces femmes qui mettent leur talent au profit de ces orchestres.
« Avec tout le respect dû à sa personne et à sa fonction, j’en appelle solennellement à Madame la Ministre de la Culture, Arts et Patrimoine Yolande Elebe : il est urgent de mettre en place un statut officiel pour les danseuses, leur garantissant un contrat de travail, une rémunération digne, une couverture sociale et une réelle protection juridique », a-t-il émis le vœu.
Didi Kembwarss a rappelé que la danse, tout comme la musique, est un pilier de la culture. Reconnaître et protéger celles qui la portent sur scène est une question de justice, de respect et de dignité.
Pour sa part, Paul Ngoy, ancien conseiller culturel au ministère de la culture que les danseuses ont les mêmes avantages et droits que tout autre artiste évoluant en RDC, conformément à la loi portant statut d’artiste qui a été promulguée récemment par le chef de l’Etat. « Toutefois, les danseuses peuvent aussi se constituer en une organisation pour protéger leur métier », a-t-il recommandé.
Jordache Diala
