Le sommet extraordinaire des pays de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (EAC) se tiendra sans Félix Tshisekedi qui a préféré rester au milieu des siens au regard de l’escalade de la situation de l’Est. William Ruto, en sa qualité de président en exercice de cette organisation de l’Afrique de l’Est, s’invite pour une nouvelle médiation. Il y a lieu de rappeler qu’il a accédé à cette présidence après le refus de la RDC d’exercer son mandat.
Un geste fort de la RDC pour dénoncer la partialité de certains pays membres. C’est à dessein que Ruto a choisi, ce moment précis, pour réactiver une rencontre entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame. Cette stratégie frise un piège que Kinshasa a finalement déjoué.
Le cadre de Luanda n’enchante plus le Président Rwandais qui cherche par tous les moyens à associer le M23 aux négociations avec Kinshasa comme ce fut le cas d’abord avec le CNDP alors que tous les belligérants venaient de signer l’Accord de Sun City à l’issue du Dialogue intercongolais. Kigali veut réchauffer la même recette avec le M23 dont la plupart d’acteurs, surtout militaires, ont eu à prendre part au mixage et brassage des forces armées avant de se rétracter.
C’est dans le même esprit que le Chef de l’Etat rwandais s’est rendu à Ankara pour y rencontrer son homologue turc Erdogan. L’objectif était de mettre le Gouvernement congolais à genoux à la table des négociations.
Ruto, en tant que président en exercice de l’EAC, sait qu’il existe un cadre de Nairobi conduit par son prédécesseur Uhuru Kenyatta. C’était l’occasion pour tous les groupes armés de présenter leurs désidératas. Le M23 a boycotté cette rencontre estimant qu’il mérite un traitement particulier d’égal à égal avec le pouvoir de Kinshasa.
Pour Kinshasa, l’affaire des groupes armés est close avec Uhuru. Le sommet de Luanda a pour mission de trouver un accord sur les grandes lignes de coopération et de rapprochement entre Kinshasa et Kigali. Mais, Paul Kagame reste hanté par le spectre du M23.
Le Rwanda occupe une partie de la ville de Goma après les remous observé au sein de la Communauté internationale qui désapprouve la violation de l’intégrité territoriale d’un pays souverain qui remet, par ce fait, en cause tous les traités internationaux. La RDC se montre décidée de se battre jusqu’au bout. Il ne sera donc pas question de négocier en dehors du cadre de Luanda.
Entretemps, le Gouvernement recommande à la population de Goma sous le joug de l’oppresseur de rester à l’abri, à la maison ; s’abstenir de commettre des actes de vandalisme et de pillage et barrer la propagande manipulatrice du Rwanda.
La Pros.