«Ce réquisitoire n’est pas seulement un affront à la justice, elle est une attaque directe contre la démocratie, contre la liberté d’expression et contre les droits fondamentaux», a dénoncé le regroupement politique Leadership et Gouvernance pour le Développement et Alliés, «LGD» et Alliés, dans un communiqué de presse publié dimanche 24 août 2025 à Kinshasa. Alors que le Ministère public a requis, vendredi 22 août dernier, une «peine de mort» à l’endroit du président honoraire Joseph Kabila, estimant qu’il serait en complicité avec une puissance étrangère dont le Rwanda, à travers un soutien présumé à la coalition rebelle AFC/M23 dans le but de déstabiliser le pays et ses institutions légitimement établies par sa partie orientale, cette famille politique de l’ancien Premier Ministre Augustin Matata Ponyo, aussi condamné par la même justice dont le LGD et Alliés qualifient de «condamnation scandaleuse», elle trouve en cela une manière délibérée de réduire au silence les voix critiques.
COMMUNIQUE DE PRESSE DU REGROUPEMENT POLITIQUE « LGD ET ALLIÉS »
Le Regroupement politique LGD et Alliés a suivi avec inquiétude comme tous les congolais, la réquisition de la peine de mort contre l’ancien Président Joseph KABILA KABANGE, par le Ministère Public de la Haute Cour Militaire.
En réaction, le LGD et Alliés déclarent ce qui suit :
1/ Cette réquisition de la peine de mort, dans un procès digne d’une comédie burlesque est une première menace contre un ancien Chef d’État dans notre pays, depuis l’exécution de notre Héros National, l’ancien Premier Ministre, Patrice Emery LUMUMBA en 1961, après avoir été traité de « crapaud » par ses détracteurs.
2/ Depuis la rupture de la coalition FCC-CASH, nous avons été tous témoins d’une succession des mesures prises contre l’ancien Président Joseph KABILA, sa famille biologique, ainsi que sa famille politique. Mais aussi contre tous les opposants politiques en RDC, notamment l’Honorable MATATA PONYO Mapon, Président National du regroupement politique LGD et Allies dont la condamnation scandaleuse est intervenue au terme d’un procès similaire conduit en violation de la Constitution et des lois de la république.
3/ Dans un État de droit, nul ne devrait craindre pour sa vie pour avoir exprimé une opinion, défendu une idée ou contesté pacifiquement l’ordre établi. Et pourtant, nous voici confrontés à une situation inacceptable : la réquisition de la peine de mort contre un opposant politique.
4/ Ce réquisitoire n’est pas seulement un affront à la justice, elle est une attaque directe contre la démocratie, contre la liberté d’expression et contre les droits fondamentaux.
5/ La peine de mort, où qu’elle soit appliquée, est une sanction irréversible, inhumaine et moralement injustifiable. Mais, lorsqu’elle est utilisée contre un citoyen dont le seul crime est d’avoir exprimé un désaccord avec le pouvoir en place, elle devient un instrument de terreur politique.
6/ Aucun régime ne peut prétendre à la légitimité lorsqu’il intimide, menace, condamne injustement ou tue ses opposants.
7/ Aucun gouvernement digne ne peut se dire démocratique lorsqu’il réduit au silence ceux qui le contestent par les moyens démocratiques.
8/ En réclamant la peine de mort contre un opposant, on ne cherche pas la justice. On cherche à éteindre une voix, à installer la peur dans le peuple. C’est une logique de dictature, pas de République.
9/ À travers ce procès, ce n’est pas seulement un homme qu’on a jugé, mais c’est une opinion qu’on veut exclure de la sphère politique de notre pays. Et cela, nous ne pouvons pas l’ACCEPTER.
10/ Par voie de conséquence, nous en appelons au rejet immédiat et sans condition de ce réquisitoire inique par la Haute Cour Militaire.
11/ Nous en appelons aussi à la mobilisation de toutes les consciences, de tous les défenseurs des droits humains, en RDC comme à l’international, pour refuser cette dérive mortifère. Car, une justice véritable ne tue pas la dissidence. Elle la protège. Elle l’écoute. Elle s’en nourrit.
12/ Nous réitérons notre appel à un dialogue inclusif sous l’égide de la CENCO-ECC afin de sortir notre pays de cette crise qui prend de plus en plus une trajectoire dangereuse susceptible d’hypothéquer le devenir de notre nation.
