La Ministre d’État, Ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaïba Masudi, a procédé le dimanche 02 août 2026 dans la ville de Mbanza-Ngungu dans la province du Kongo Central, à l’ouverture des travaux de l’atelier consacré à l’élaboration du Plan de travail annuel du projet d’intégration des enfants non scolarisés dans l’enseignement formel par l’apprentissage accéléré. Mis en œuvre avec l’appui de l’UNESCO et du Gouvernement du Japon, ce projet vise à offrir une seconde chance éducative aux milliers d’enfants exclus du système scolaire en RDC.
Après avoir parcouru les 147 kilomètres séparant Kinshasa de Mbanza-Ngungu par la Route nationale n°1, la Ministre d’Etat a été accueillie par l’Administrateur du territoire, Mudekoko Salomon ainsi que par la délégation de l’UNESCO en RDC conduite par Madame Claudine Ndaya.
Dans son mot de bienvenue, l’administrateur du territoire Salomon Mudekoko s’est félicité du choix porté sur Mbanza-Ngungu pour accueillir ces assises nationales. Il a souligné que cette rencontre traduit l’engagement du Gouvernement en faveur d’une éducation inclusive et a salué l’appui de l’UNESCO et du Gouvernement du Japon au Programme national de rattrapage scolaire. Il a souhaité que les travaux puissent déboucher sur des recommandations concrètes en faveur des enfants, des jeunes et des adultes exclus du système éducatif.
Prenant ensuite la parole au nom du Représentant Pays de l’UNESCO en RDC, Claudine Ndaya a rappelé que la RDC demeure confrontée à un nombre préoccupant d’enfants non scolarisés, conséquence notamment des conflits armés, de la pauvreté, des déplacements des populations, du manque d’infrastructures scolaires et des inégalités de genre. Elle a annoncé que, grâce au financement du Gouvernement Japonais, l’UNESCO mettra en œuvre, de 2026 à 2028, un projet visant à réintégrer ces enfants dans le système éducatif, renforcer les capacités des établissements scolaires et institutionnaliser le programme d’apprentissage accéléré. Elle a invité les participants à élaborer un plan de travail réaliste et adapté aux réalités du terrain afin de garantir le succès du projet.
Ouvrant officiellement les travaux, Ève Bazaiba Masudi a indiqué que cet atelier marque le passage de la planification à l’action pour permettre aux enfants exclus de retrouver le chemin de l’école. Elle a rappelé que les conflits armés, les déplacements de populations et la guerre d’agression dont la RDC est victime depuis plusieurs décennies continuent de priver de nombreux enfants de leur droit à l’éducation. Selon elle, cette initiative s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, fondée sur le développement du capital humain, l’accès équitable aux services sociaux de base et la promotion de la jeunesse.
La Ministre d’Etat a également souligné que ce projet vient renforcer le Programme national de rattrapage scolaire et l’éducation non formelle. Elle a réaffirmé que l’action de son ministère repose sur une trilogie : redonner le sourire, réconforter les familles et restaurer l’espoir, estimant que l’éducation demeure la plus grande richesse qu’une nation puisse transmettre à ses enfants. Elle a appelé à une gouvernance fondée sur la transparence, la redevabilité et l’obligation des résultats avant de déclarer officiellement ouverts les travaux de l’atelier.
Au cours de la première journée de cet atelier, le directeur général de l’Éducation non formelle, Lubanzadio K’Etho, a dressé un état des lieux préoccupant de la situation éducative en RDC. Il a révélé que près de 7 millions d’enfants demeurent non scolarisés ou déscolarisés. Il a rappelé que le Programme national de rattrapage scolaire, lancé en 2000 et actualisé en 2019, cible les enfants de 9 à 14 ans à travers un cycle accéléré de trois ans leur permettant de réintégrer le système éducatif formel.
Sa présentation a également mis en évidence les progrès réalisés avec l’augmentation du nombre de centres de rattrapage scolaire, tout en soulignant les défis persistants : insuffisance des financements, manque d’éducateurs sociaux, faiblesse des infrastructures scolaires et conséquences des conflits armés, particulièrement dans les provinces de l’Est. Il a insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les acteurs et d’un renforcement des investissements afin de garantir à chaque enfant son droit à une éducation de qualité.
À travers cet atelier, le Gouvernement Congolais, avec l’appui de l’UNESCO et du Gouvernement du Japon, entend renforcer les mécanismes de réintégration des enfants non scolarisés dans le système éducatif. L’élaboration d’un plan de travail annuel et d’un dispositif national de coordination devrait permettre de consolider les actions en faveur d’une éducation inclusive et contribuer à l’atteinte de l’Objectif de développement durable 4, qui vise à garantir une éducation de qualité pour tous.
La Pros.
