L’opposition se rend, désormais, à l’évidence après la signature de l’accord de Washington que les rapports de force sur l’arène politique ne sont plus les mêmes. En outre, la présence de Joseph Kabila à Goma a été un bémol pour toute l’opposition alors que certains leaders ont cru qu’il allait fédérer les opposants. Dans les territoires sous contrôle de l’AFC/M23, Kabila s’est mis à consulter les différentes couches de la société civile. Après Goma, il a poursuivi sa mission à Bukavu et puis, plus rien. Personnes ne maitrise l’agenda de Joseph Kabila après tous les contacts qu’il a eus.
A Doha, la délégation de l’AFC/M23 qui s’y rend pour les négociations avec Kinshasa, n’associe pas les experts de l’ancien Chef de l’Etat. A Washington, les émissaires de Joseph Kabila n’ont eu droit au chapitre pour contrer le processus de l’accord parrainé par l’administration Trump.
Martin Fayulu est l’un de ceux qui ont, manifestement, exprimé leur désapprobation à la démarche de l’ancien Président. Entre les deux maux, il a opté pour le moindre en tendant la main à Félix Tshisekedi. Pour la première fois les deux leaders se sont rencontrés, le 5 juin dernier, dans un climat bon enfant.
C’était l’occasion pour le leader de l’Ecidé d’appeler à un Camp de la patrie face à l’agression. Dans son message du 65ème anniversaire de l’indépendance, il plaide pour un changement de paradigme, reposant sur la cohésion nationale et un dialogue franc, inclusif sous la médiation des prélats catholiques et protestants.
Martin Fayulu, tout en assumant son choix de s’approcher de Tshisekedi, plaide pour une concertation entre Congolais pour panser les plaies, se dire des vérités afin de reconstruire la confiance. De nombreux leaders d’opposition et certaines figures de la société civile adhèrent à ce projet du Camp de la patrie car, indique-t-il, l’heure n’est plus aux antagonismes stériles, mais à la réconciliation.
A l’instar de Moïse Katumbi de Ensemble pour la République, Delly Sesanga de Envol a tenu à saluer les efforts continus accomplis en faveur de paix, au nom de la solidarité internationale, par les partenaires de la RDC au sein des Nations Unies, de l’Union africaine, de la SADC, de l’EAC, et récemment de manière appuyée par les Etats-Unis et le Qatar.
Le dialogue sous l’égide de la CENCO et l’ECC devient un impératif pour l’opposition. Cependant, au regard des processus de Washington et Doha, la stratégie des pères de l’Eglise doit être revue et actualisée pour intégrer toutes les tendances. L’opposition appelle à la vigilance malgré l’enthousiasme vers la fin de l’instabilité à l’Est.
La Pros.