(Par Prof. Osongo-Lukadi Antoine-Dover)
Pour commencer, qu’on me laisse constater comment au lendemain du dernier remaniement gouvernemental, soit dit en passant, globalement décevant, a fini par me convaincre que le président de la république n’était pas libre -, même si le maintien de son excellence madame la ministre, professeur Marie-Thérèse Sombo de l’ESU constitue pour nous professeurs un gage plutôt de stabilité voire de solidité tant pour la réalisation, l’accomplissement épistémisé et praxisé des principes structurels des modules relatifs à l’enseignement à la recherche qu’au suivi des revendications sur l’amélioration des conditions matérielles, les revendications salariales des professeurs des universités, dont elle en est elle-même partie prenante en tant que corps académique, pour pourvoir leur vie et survie -, ni de ses mouvements ni encore moins de ses décisions au sommet de l’Etat. Dans l’opinion tant nationale qu’internationale, c’est cette impression embarrassante voire d’impuissance qui se dégage. En effet tet cela tant que faire se peut le peuple attendait mieux dans son idéal, un gouvernement différent, c’est-à-dire plus compétitif, combatif, déterminé eu égard par exemple à ce qu’il se passe à l’Est du pays où dans moins de cinq mois, il échappe à l’autorité de l’Etat. Pourtant personnellement je ne m’en tiens nullement à juger la qualité ni l’efficacité d’un gouvernement en regardant les têtes, les visages de ses composants, mais au contraire l’effort, la détermination, le sacrifice et davantage le nationalisme voire le patriotisme dont ils font preuve aux côtés du chef de l’Etat pour le redressement de la situation politiques, sociale, économique, culturelle, historique, civilisationnelle du peuple congolais mais également dans l’urgence consistant dans la reconquête des territoires sous contrôle rebelles. Peu importe donc celui qui est là, s’il est à la place qu’il faut. Le plus important est son sacrifice pour une cause. C’est pourquoi, profitant de la reconduction salutaire de ma ministre de tutelle son excellence Marie-Thérèse Sombo et de ma directrice générale madame Gertrude Ekombe qui fait un travail de structuration académique, scientifique, administrative et technique sans précédent depuis son accession à la tête du dynamique Comité de gestion de l’Institut Supérieur Pédagogique de la Gombe, j’adresse de mes modestes félicitations à l’ensemble du nouveau gouvernement. Et dont ce n’est pas comme je l’entends ci et là un gouvernement de Félix Tshisekedi mais plutôt national dont la mission n’est pas de gérer les affaires courantes, mais sinon un gouvernement de combat qui nous conduira jusqu’aux échéances électorales ultérieures.
Même s’il est vrai qu’il ne manque jamais de reproches. Les ministres sont aussi des citoyens comme d’autres, qui peuvent chanter et danser n’importe où et comment. Cependant quand on est un ministre de la république, certes comme je viens de le dire, il y a un instant, est un homme ordinaire comme tout un chacun, qui également une vie privée, peut « adorer » un artiste musicien ou des artistes musiciens, mais qui n’oubliera jamais son devoir patriotique, nationaliste de s’astreindre à gravir des podiums pour, même si c’était sa richesse personnelle volée ou héritée du passé, pour y aller distribuer des milliers d’euros ou de dollars. Parce que c’est indécent. C’est condamnable. C’est répréhensible. Un ministre est un citoyen mais qui malgré tout n’est pas un n’importe qui. Ce n’est pas pour rien que c’est une excellence. Dans d’autres pays où la rigueur de la loi est une réalité, c’est la démission, l’exclusion et tout en bout de course la punition. Parce que quand le peuple pleure, souffre, un responsable politique, qui plus est ministre, qui dilapide l’argent dans des concerts, non seulement se moque de lui mais lui chie dessus.
Quant au troisième mandat que je réclame pour le chef de l’Etat, je ne serais pas du tout devenu fou ni encore en échange d’aucune dividende en nature ou en numéraire. Loin s’en faut. Je suis très sérieux. Car ma conscience d’universitaire ancrée à la gauche politique (socialisme et communisme), c’est plutôt mon esprit marxiste-guévariste qui me pousse à plaider pour une telle solution. Dont je sais qu’elle n’est ni facile ni posée parce qu’elle invite à la modification de la constitution voire carrément à son changement -ce à quoi je m’y suis constamment opposé résolument, estimant personnellement que seule la guerre prime dans la situation déliquescente de notre pays, car seule la guerre prépare et donne la paix, en référant à la formule existentiale que j’ai énoncée lors des XXVIIIèmes Journées Scientifiques de l’USAKIN, Décembre 2024, suivant laquelle « Je fais la guerre donc je suis et on ne met pas les mains sur moi », initiant et prévalant une disposition épistémique et praxique susceptible de développer et transformer la République Démocratique du Congo.
Ceux qui disent que Félix Tshisekedi n’a aucun bilan ou n’a rien fait de constructif sont des sorciers diurnes. Parce que c’est de la mauvaise foi. Ceux qui disent qu’il a un bilan mi-figue mi-raisin, parce que, selon eux, il aurait dû mieux faire pourraient ne pas avoir tort au regard des plusieurs détournements de deniers publics, de la mauvaise gouvernance, des dépenses exponentielles inutiles sur des projets vides voire jamais ni entamés ni réalisés. Quant en ce qui me concerne le plaidoyer d’un troisième mandat pour Félix Tshisekedi n’est pas fait pour ses beaux yeux ni pour un quelconqu’avantage que j’ai déjà ou attendrait de lui, mais lui redonner d’autres années de suite où il apprendra à désobéir à l’impérialisme et au capitalisme inhumain euro-occidental et étasunien plus particulièrement imposé à notre pays. Dieu seul sait combien nous avions écrit à ce sujet pour expliquer au président de la République sa nonchalance à ce sujet, malheureusement, sans que ni personne dans son entourage éloigné ou proche ni encore lui-même nous écoute ! Que faire face à un pays aujourd’hui démembré, divisé, découpé en plusieurs morceaux par la seule volonté des impérialistes et capitalistes euro-occidentaux (à défaut de prendre les Etats du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) en exemple si ce n’est ce principe de désobéissance civile ?il va falloir au chef de l’Etat de s’en imprégner. La désobéissance civile consistant dans une sorte de violence sans violence correspond à l’essence naturellement joviale, consensuelle de Félix Tshisekedi et qui adopterait le me schéma de lutte politique que des illustres prédécesseurs tels Antigone, Mahatma Gandhi, Martin Luther King, Mère Thérèsa » et tant d’autres illustres et héros dans l’ombre dans cette quête. C’est ainsi à la question pourquoi un troisième mandat à Félix Tshisekedi alors que l’opinion l’accuserait de plusieurs maux que connait le pays ?parce que je constate qu’à cause de la mauvaise foi des impérialistes euro-occidentaux et des Etasuniens en particulier, il n’a jamais gouverné durablement profondément afin de reformer de fond en comble son pays. Il n’a pas eu suffisamment du temps pour cela. Ajouter à cela la gloutonnerie de son entourage dont en à peine le temps du premier mandat ont pillé le pays comme jamais auparavant, ce qui ne l’a pas réellement aidé. On doit le reconnaître.
Par ailleurs théoriquement et apparemment la république Démocratique du Congo est un grand et un beau pays. Dans la pratique, elle ne l’est pas vu du ciel car la saleté, les odeurs nauséabondes, les routes, rues et ruelles, la pauvreté démographique parsemant sa capitale et d’autres villes ne prêtent ce pays à être ni grand ni beau. C’est de notoriété publique. On pourra ajouter malheureusement la faiblesse épistémique et praxique des populations peuple, qui fait d’elles le de oui-oui béni de toute l’humanité. Au point de tout normaliser même l’impossible, l’invivable. Le Congolais ne discute jamais rien ni le prix sur le marché ni les conditions énergétiques déguelasses, ni salariales ni encore moins hospitalières. Il peut accepter et mourir affamé, travailler affamé dans le noir sans courant pendant des jours, être bastonné dans les embouteillages par des policiers voire par n’importe quel m’as-tu-vu, ça ne le dérange pas. L’essentiel pour ce Congolais étant de vivre, mieux de vivoter tant que le bon Dieu viendra s’en occuper pour le sortir de-là. Le Congo étant le seul pays au monde où la manne du ciel continue de tomber. Les églises sont bondées des fidèles affamés, appauvris mais en contrario les pasteurs, apôtres, évêques, prédicateurs sont des millionnaires. Malgré ce contraste saisissant, le congolais n’est ni dérangé ni gêné, il demeure stoïque. De toute façon pourquoi se démerderait-il, le pasteur priera pour lui et lui donnera à manger !
Dans le même ordre d’idées fasciné par la démocratie comme solution idoine pour son développement et sa transformation, du moins croyait-il au lendemain du 24 avril 1990 sous le Maréchal Mobutu avec l’avènement du multipartisme, le congolais a après plus déchanté que chanté. Aucun avancement, aucun changement notable dont en tant que peuple il en a pu tirer profit socialement, économiquement, culturellement, historiquement, civilisationnellement voire même technologiquement en dépit de son sol et sous-sol riches. En revanche ce sont les multipartistes politiques qui sont ceux qui ont su tirer leur épingle de jeu. Ils se sont enrichis et pactés entre eux pour prendre le peuple en otage dans leurs jeux politiques afin de se faire élire et réélire perpétuellement pour prolonger leur bonheur et celui de leurs familles respectives. Actuellement le bonheur et le plaisir politiques deviennent carrément inarrêtables et infinis. On en est arrivé à la dictature de la bourgeoisie où tous les hommes politiques congolais deviennent immortels, éternels. La députation est devenue leur affaire. Le papa qu’il en arrive à l’état de « delapante » (boitillant sous le poids croulant de l’âge) ou pas ne voit jamais son âge ni avancé ni passé, il reste député, son fils, sa fille, sa femme, les beaux-fils, les belles-filles, les petits-enfants soit suppléant sinon au Sénat ou à l’assemblée provinciale même. Avec le temps on a compris que c’est devenu une stratégie pour la conservation du pouvoir politique pour faire main basse sur les fiances et l’économie de la république. Cette classe de « politiques bourgeois » mise en relief par ceux-là même est aidée en cela par des pasteurs, apôtres et évêques des églises de sommeil dont ils se sont liés en clair ou en crypté pour le meilleur et le pire.
Ce n’est un secret pour personne que la démocratie a échoué en Afrique. Or cette démocratie qui a échoué en Afrique n’est pas par exemple celle que tant mon père que mon grand-père maternel exerçaient. La démocratie qui a échoué est cette démocratie occidentale héritée de la Grèce antique dont les théoriciens occidentaux se sont relayés tour à tour, tout au long de l’histoire de l’humanité jusqu’à ce jour pour nous en faire la leçon, pendant qu’eux-mêmes ne se l’appliquent jamais. Pourquoi alors cette forme étrangère de démocratie a-t-elle échoué ? Pour une bien ostensible raison qu’elle ne correspond nullement aux réalités, aux modes d’être, d’agir et de penser, de réfléchir de l’homme africain subsaharien et congolais en particulier. Point. En effet la figure africaine du chef en Afrique n’est pas négociable. Le chef n’est pas un ami ni un frère. Le chef est chef, c’est-à-dire celui qui souffle dans l’oreille du créateur Dieu tout puissant avant, pendant, après pour porter ses décisions et ses choix du gouvernement en public. De telle sorte que ses décisions, intentions, réflexions sont irrévocables. C’est le père de la nation, le timonier, le guide. Le chef est devant. Il commande. Il dicte et le peuple suit. Telle est, ce qui aurait dû, à mon avis, en être l’image progressiste, développementale, transformatrice de la démocratie en Afrique voire en République Démocratique du Congo plus particulièrement.
C’est pour cette principale qu’à mon humble avis Félix Tshisekedi devait, à mon avis, pratiquer la désobéissance civile contre les Etasuniens et européens s’il veut vraiment marquer l’histoire, développer et transformer la République Démocratique du Congo, le sortir de l’humiliation, de l’inhumanité, la désolation dans lesquelles ses soi-disant partenaires Etasuniens et européens l’ont volontairement ensemencée, c’est toujours de bonne guerre dans le domaine des relations internationales la plupart de temps en sens unique globalement car elles sont inspirées par ce que j’appelle la Loi de la Fontaine où le plus puissant, le plus fort, le plus riche a constamment le dernier mot. Cette désobéissance civile à laquelle j’y invite Félix Tshisekedi qui peut se définir comme le fait de refuser de manière assumée et publique d’obéir à une loi, un règlement ou un pouvoir jugé injuste de manière pacifique. La désobéissance civile s’apparente donc à une forme de résistance sans violence.
Quant à la paternité du terme, il est attribué en général au philosophe américain Henry David Thoreau, qui l’a conceptualisé dans un essai du même nom : La désobéissance civile, paru en 1849. Cet ouvrage fait suite à son refus de payer une taxe devant servir à financer une guerre contre le Mexique, ce qui lui valut une nuit en prison. Le concept de désobéissance civile, de façon plus contemporaine, a été précisé par le philosophe John Rawls dans La Théorie de la Justice (1971). Il la définit comme « un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement. En agissant ainsi, on s’adresse au sens de la justice de la majorité de la communauté et on déclare que, selon une opinion mûrement réfléchie, les principes de coopération sociale entre des êtres libres et égaux ne sont pas actuellement respectés ».
Le chef de l’Etat devait prendre en compte les six éléments caractéristiques de cette désobéissance civile suivants : Le premier élément est qu’il faut commettre une infraction de manière consciente et intentionnelle. On peut distinguer alors entre la désobéissance civile directe, qui nécessite que l’action réalisée viole directement un texte de loi (comme avec les faucheurs d’OGM) et la désobéissance civile indirecte, lorsque la norme violée n’est pas celle qui est contestée (comme c’est le cas pour les sit-in, car alors ce n’est pas le code de la route qui est visé par l’action).Le deuxième élément est que l’acte doit être public. La publicité de l’acte vise à lui donner une valeur de symbole, à toucher l’audience la plus large possible pour sensibiliser le public à la cause défendue. Le troisième élément est que l’action doit être réalisée collectivement. Le quatrième élément est que l’acte doit être réalisé en utilisant des méthodes pacifiques. Le cinquième élément est que l’action doit être réalisée en acceptant les éventualités d’une sanction. Enfin, le sixième et dernier élément, sans doute le plus important, est que l’action réalisée doit faire appel à des « principes supérieurs » pour justifier la violation d’une norme. C’est l’existence de ces principes supérieurs qui confèrent une certaine légitimité à l’action.
Comme je l’ai dit précédemment, Félix Tshisekedi ne serait pas le tout premier dans ce domaine, car la désobéissance civile a déjà une longue histoire devant lui s’il osait s’y essayer. La désobéissance civile dont quelques exemples historiques connus. En effet les actes qu’on pourrait qualifier de désobéissance civile ne manquent pas à travers l’histoire. On peut en effet considérer que les actes à l’origine de « l’esprit » de la désobéissance civile émanent de l’Antiquité grecque. Par la suite, les exemples de désobéissance civile s’ancrent plutôt dans une perspective de désobéissance spirituelle et sont le fait de chrétiens refusant de se plier aux lois des hommes au nom de la loi divine. Toutefois, l’histoire de la désobéissance civile telle qu’elle est de nos jours est essentiellement construite suite aux mouvements de résistance pacifique de deux hommes : Gandhi et Martin Luther King.
Pour la petite histoire, l’on notera que l’esprit de la désobéissance civile dans l’Antiquité grecque est celui d’Antigone. L’exemple le plus connu de désobéissance à l’arbitraire du pouvoir durant l’Antiquité grecque est celui d’Antigone, héroïne du roman de Sophocle, écrit en 439 avant Jésus-Christ. La jeune femme se voit interdire par le roi de Thèbes Créon de donner une sépulture décente à son frère, Polynice mort en ayant combattu contre la cité. Se refusant à cette injonction au nom des « lois non écrites et éternelles des Dieux », Antigone n’écoutera que son cœur pour aller enterrer son frère sous les yeux des soldats. Cet acte courageux est resté célèbre en tant qu’exemple de désobéissance civile aux abus du pouvoir de l’Etat. La désobéissance spirituelle des chrétiens préférant la loi divine à la loi des hommes. Dès ses origines, le christianisme a établi une distinction entre la loi des hommes d’une part, la loi de Dieu et ses commandements d’autre part, comme en témoigne la célèbre formule « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Matthieu, 22-15-21).Parmi les préceptes chrétiens s’opposant aux lois romaines, on retrouve ainsi le commandement imposant de ne pas tuer, interprété par les premiers chrétiens comme une interdiction de faire la guerre. C’est ainsi que certains se mirent à refuser de combattre, de réaliser leur service militaire ou de porter les armes, ce qu’ils payèrent de leur vie. Plus tard, au Moyen-Age, le théologien Thomas d’Aquin alla jusqu’à légitimer la désobéissance aux lois humaines en affirmant qu’il « vaut mieux obéir à Dieu qu’aux Hommes » (Actes 5, 29). Considérant que le droit divin est un droit naturel, fondé sur des principes universels et immuables, contrairement aux lois de la société, il appartient aux lois humaines d’être conformes à ce droit naturel. A défaut, pour Thomas d’Aquin, si un texte s’éloigne de cette loi éternelle, elle devient injuste et il est donc légitime de ne pas la respecter.
Après Antiquité grecque avec Antigone et les pères de m’église au Moyen-âge, la marche du sel de Gandhi. Le premier mouvement contemporain de la désobéissance civile connu est celui initié par l’avocat indien Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948), théoricien du satyāgraha, la résistance à l’oppression par la désobéissance civile. Suite à des études juridiques en Grande-Bretagne, ce dernier développa plusieurs actions pour la dignité humaine et la justice sociale en faveur des droits civique de la communauté indienne alors que l’Inde était sous domination coloniale britannique. En septembre 1906, à Johannesburg en Afrique du Sud, il rassembla une assemblée de 3000 personnes pour créer un serment de désobéissance, ce qui lui valut deux séjours en prison l’année suivante. Il découvrit à l’occasion de son second séjour en prison les écrits de Thoreau et développa plus encore l’idée de désobéissance civile, qu’il mit en œuvre d’abord en Afrique du Sud, contre l’apartheid puis en Inde contre la domination britannique et l’indépendance du pays. C’est en faveur de l’indépendance de l’Inde qu’il organisa alors une de ses actions de désobéissance civile les plus célèbres : la marche du sel, en 1930. Le gouvernement britannique avait en effet instauré un monopole d’Etat sur le sel, interdisant aux indiens d’en récolter, de le distribuer et imposant une taxe pour sa consommation, même aux plus pauvres. Gandhi organisa en réponse une marche de 386km, le 6 avril 1930 pour aller au bord de l’Océan indien. Arrivé au niveau de l’océan, il recueillit dans ses mains un peu de sel. Ce geste purement symbolique fut imité par la foule de plusieurs milliers de sympathisants qui l’accompagnait. Suite à cela, les Britanniques mirent près de 60 000 indiens en prison dont Gandhi, qui écopa d’une peine de neuf mois. Mais, face à l’absence de résistance des Indiens lors des arrestations et à l’impossibilité de mettre un terme au mouvement, le gouvernement britannique finit par céder : il libéra les prisonniers et autorisa les Indiens à récolter eux-mêmes le sel.
Vint à la suite de Gandhi, le boycott des bus de Montgomery de Martin Luther King. Martin Luther King (1929-1968) est un pasteur baptiste afro-américain célèbre pour sa lutte non-violente en faveur des droits civiques des noirs aux Etats-Unis. Pour sa lutte en faveur de l’égalité des droits, il obtint même en 1964 le Prix Nobel de la Paix. Parmi ses nombreuses actions en faveur des droits civiques des noirs américains, une des plus célèbres usant de la désobéissance civile est celle du boycott des bus de Montgomery en 1955.A l’époque, la ségrégation raciale était répandue dans les transports publics aux Etats-Unis et dans la ville de Montgomery, un règlement précisait très clairement que les bus devaient être divisés en plusieurs parties. A l’avant, une section de dix places était réservée aux blancs ; à l’arrière, dix places étaient réservées aux noirs, tandis que les places au milieu étaient libres. Cependant, lorsque des noirs étaient assis dans cet espace du milieu et que des blancs entraient dans le bus, s’il n’y avait plus assez de places, ils devaient la leur céder. Le 1er décembre 1955, une femme noire, Rosa Parks, assise dans la partie du milieu, refusa de céder sa place lorsque quatre blancs montèrent dans le bus. Le chauffeur, furieux, prévint alors la police qui la fit emprisonner. La nuit suivante, Martin Luther King, alors jeune pasteur peu connu, réunit des dirigeants de la communauté afro-américaine pour discuter des actions à mener contre ce règlement, en prônant la non-violence et la désobéissance civile. Il s’ensuivit un boycott général des bus de la part de la communauté afro-américaine. En face, les blancs réagirent par des actes violents, dont le dynamitage du domicile de Martin Luther King, également victime de violences physiques auxquelles il ne répondit pas. Malgré les difficultés, ce mouvement fut un succès : en novembre 1956, la Cour Suprême par l’arrêt Browder v. Gayle finit par déclarer que la ségrégation dans les bus violait la Constitution, ce qui fit cesser le boycott dès le lendemain.
Enfin la désobéissance civile vint un outil redécouvert pour lutter contre le changement climatique. Ces dernières années, le mouvement de désobéissance civile reprend de l’ampleur, mais dans une nouvelle perspective. En effet, alors que la désobéissance civile au XXème siècle était essentiellement axée sur la lutte pour l’égalité des droits, de plus en plus, la désobéissance civile est mise au service d’une nouvelle cause : la défense de l’environnement. Ce nouvel essor de la désobéissance civile par les milieux écologiques a commencé avec des actions comme celle de Greenpeace contre le nucléaire dès les années 1970 ou les faucheurs d’OGM menés par José Bové dans les années 2000.Mais alors que ce type d’actions suscitait des réactions ambivalentes dans l’opinion publique, les actions les plus récentes suscitent pour leur part un engouement croissant. Pour preuve, le mouvement londonien Extinction Rébellion, lancé en octobre 2018, à la même période que les grèves scolaires pour le climat, fait de plus en plus d’émules en France. Après plusieurs blocages en Grande-Bretagne, dont ceux des principaux ponts de Londres en novembre 2018 par plusieurs milliers de personnes, le mouvement a traversé la Manche. En France, les tenants de la désobéissance civile pour le climat ont d’abord formulé une déclaration de rébellion en mars 2019, place de la Bourse à Paris. Puis, début avril, ils ont déversé plusieurs tonnes de vêtements usagés devant le magasin H&M de la rue Lafayette, à Paris pour faire réagir l’opinion publique face aux dégâts environnementaux et sociaux de l’industrie textile. Enfin à l’occasion de la « semaine internationale de la rébellion » fin avril, les militants français d’Extinction Rébellion, rejoints par ceux de Greenpeace et des Amis de la Terre, ont organisé un blocage à la Défense, au niveau des tours de Total, la Société Générale et EDF. L’autre spécificité de ce mouvement est qu’il a une dimension internationale, tant en raison de la cause défendue qu’en raisons des nouvelles technologies de l’information et des communications, au premier chef desquelles viennent les réseaux sociaux. Finalement, la désobéissance civile est un moyen de lutte pacifique, qui est en plein renouvellement pour faire face à la crise environnementale. Contrairement aux précédents mouvements de désobéissance civile, celui-ci est novateur dans la mesure où il s’inscrit dans une perspective internationale et fait usage des nouvelles technologies de l’information et de la communication, dont les réseaux sociaux. Cette méthode de résistance non-violente semble donc avoir de beaux jours devant elle, car elle suscite de plus en plus d’adeptes et de curieux.
Pour conclure, sans conclure, mes deux questions sont celles de savoir c’est pour quand la désobéissance civile en République Démocratique du Congo ? et qui est celui ou celle qui devrait l’incarner ?en une réponse, c’est l’UDPS-TSHISEKEDI et Félix Tshisekedi l’actuel président du parti et en même temps président de la République, au regard de l’histoire politique dudit parti sous l’emblématique sphinx Etienne Tshisekedi wa Mulumba, qui devaient en prendre la mesure et le courage face à un Occident officiel prédateur, capitaliste, eugéniste et impérialiste.
Fait à Kinshasa, le 08 Août 2025
OSONGO-LUKADI Antoine-Dover
-Habilité à Diriger des Recherches de Philosophie (Université de Poitiers/France)
-Docteur en Philosophie et Lettres (Université Catholique de Louvain/France)
-Professeur d’Universités
-Membre de l’Association des Philosophes Américains (APA)-2007
-Directeur-Editeur des Maisons d’Editions IFS&CRPIC et Revues Internationales RFS&PHPM (Toutes Déposées à la Bibliothèque
Royale Albert 1er de Belgique/Bruxelles
