(Par Professeur Florent Gabati)
Nous venons de vivre un moment historique où la Haute cour militaire condamne à mort un ex-président. Du jamais vu dans notre pays en plein flottement politique et ce 30 septembre 2025 demeurera un jour funeste dans les annales de l’histoire de la RDC. Ce verdict révèle que le pouvoir politique actuel est arrivé à un degré d’acharnement stupéfiant qui ressemble à une vendetta politique. L’image de la justice congolaise n’en sort pas grandie, car cette affaire vient davantage creuser le fossé entre les congolais. La condamnation à mort de Joseph Kabila vient ternir la crédibilité du pouvoir actuel qui utilise la justice à des fins politiques. Si les débats autour de ce verdict continueront à défrayer les chroniques de politique tant nationale qu’internationale, ils vont résonner dans les ruines de la politique congolaise d’aujourd’hui.
Au-delà de l’indignation et de la colère que ce jugement peut légitimement susciter, ce qui nous interpelle sur le fond c’est l’insuffisance des preuves. Est-ce que les juges ont été confrontés à une masse d’indices réels ? Est-ce que dans cette dimension temporelle du jugement d’un ex-président, la justice devrait seulement se satisfaire des simples considérations subjectives faites dans certains médias ou d’une conversation téléphonique révélée par le détenu Eric Kuba ? La fragilité de ce dossier a montré que nous sommes face à une procédure judiciaire politique mal lancée pour faire disparaître Joseph Kabila de la scène politique, loin de là ! Personne n’est dupe, les preuves ne sont pas accablantes. Cela semble juridiquement faible à prouver par le défaut de plusieurs faisceaux d’indices concernant les crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, la trahison, l’apologie du terrorisme. Le verdict ne doit pas se fonder sur des éléments fragiles. C’est ravageur pour l’image de la justice congolaise qui reste prise dans un jeu politique de Tous pourris. Si d’aucuns parlent de procès bidon, nous estimons que la singularité de cette haute cour militaire où les juges n’ont pas passé toutes les preuves à la moulinette est une HONTE. Il est évident aujourd’hui que Mr Tshisekedi transforme le pouvoir judiciaire à un outil de l’action personnelle.
Enfin le signal reste fort. Ce verdict ne marque pas la fin politique l’ex-président Joseph Kabila qui a de l’aura auprès des congolais déçus par le régime actuel. Son influence n’est pas pour cela écornée. Son impact politique puissant demeure fort contrairement à ceux qui veulent sa mort au sens plénier du terme. Au contraire nous estimons qu’il pourra jouer un rôle de premier plan dans le nouveau paysage politique.
In fine cette condamnation va renforcer les capacités de résilience de l’ex-président Joseph Kabila afin de mieux servir cette fois la nation congolaise. Ce verdict accroît davantage la polarisation de la politique congolaise néfaste à la cohésion nationale que tous les patriotes veulent bien consolider. Dommage en ce moment à ouvrir la boîte de Pandore. Les congolais sont tous unanimes que l’impartialité de la justice en RDC est une illusion dans un pays où la corruption systémique affecte la stabilité politique, économique et sociale du pays en érodant cette confiance des citoyens envers leurs dirigeants. Ce procès ressemble à un scénario bien monté où la messe était déjà dite. Nul n’ignore que la politique congolaise demeure imprévisible et peut réserver des évolutions soudaines qui peuvent déjouer les prévisions.
Professeur Florent Gabati
