Depuis le 6 novembre 2025, une équipe d’ingénieurs de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT) séjourne dans la province du Kongo Central. Leur mission : collecter les données techniques nécessaires à la réhabilitation de la route reliant Nsioni à Mbata-Mbengi (44 km), puis de Mbata-Mbengi à Mbaka-Khosi, poste frontalier entre la RDC et l’Angola long de 28 kilomètres.
Placée sous la conduite de l’ingénieur Âgée Mavambu, Directeur adjoint à la Direction des Études, l’équipe comprend deux de ses collègues et bénéficie de l’appui du Directeur provincial de l’ACGT/Kongo Central, Babi Kundu Mavungu.
Un axe vital dans un état critique
Cette mission s’inscrit dans le cadre des préparatifs des travaux de réhabilitation d’un axe routier stratégique pour la région. Actuellement, le tronçon se trouve dans un état de dégradation avancé : bourbiers, sable mouvant et chaussée déformée rendent la circulation pénible, voire impossible par endroits.
Pour les populations locales, cette route représente bien plus qu’un simple lien de communication. Elle constitue un levier économique essentiel, reliant le marché congolais à celui de l’Angola. Le poste frontalier de Mbaka-Khosi figure parmi les principaux points d’entrée des produits alimentaires et de première nécessité importés du pays voisin. Mais les échanges demeurent largement à sens unique, la mauvaise qualité de la route côté congolais freinant le commerce local et la mobilité des habitants.
Un terrain difficile, une équipe résolue
Après avoir achevé les relevés sur l’axe Nsioni–Mbaka-Khosi, l’équipe s’est dirigée vers la route Lukula–Kakongo Nsongo, estimée à 90 kilomètres, mais dont les mesures précises n’en révèlent que 67 kilomètres praticables. Ce tronçon, en terre battue, n’est accessible qu’aux véhicules tout-terrains et aux motos, tant les conditions y sont éprouvantes.
Ayant lui-même affronté les difficultés du parcours entre Mbata-Mbengi et Mbaka-Khosi, où même les véhicules 4×4 de l’ACGT ont peiné, le Directeur provincial Babi Kundu Mavungu a opté pour une approche plus adaptée : l’équipe poursuit désormais sa mission à moto, afin d’atteindre les zones les plus reculées et de mieux évaluer les défis du terrain.
Des réalités frontalières contrastées
Le poste de Kakongo–Nsongo présente des similitudes avec celui de Mbaka-Khosi, bien que le trafic transfrontalier y soit beaucoup plus faible. Dans les deux cas, la réhabilitation des routes d’accès apparaît indispensable pour renforcer les échanges, stimuler le commerce local et favoriser l’intégration économique entre les communautés frontalières.
Une étape clé avant les travaux
Les données collectées au cours de cette mission permettront à l’ACGT de concevoir les plans techniques et de définir les options d’aménagement les mieux adaptées aux réalités du terrain. À terme, ces travaux visent à désenclaver la région, redynamiser le commerce transfrontalier et améliorer les conditions de vie des populations du Kongo Central.
Jules Aubin Thamba
