La réforme constitutionnelle – changement ou révision – domine l’actualité politique nationale. Cependant, le problème qui se pose avec acuité est celui des femmes et d’hommes appelés à accompagner le Chef de l’État dans sa matérialisation. Car, tout dépend de la qualité des politiciens engagés aux côtés du Président de la République, de leurs bilans pour ceux qui sont aux affaires.
Est-il besoin de rappeler que la Province du Kasaï et Tshikapa, son chef-lieu, ont massivement voté, en 2018 et 2023, le candidat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à la présidentielle? Ils s’étaient classés parmi le trio de tête.
Certes, le Président de la République Tshisekedi Tshilombo porte un mandat présidentiel. Mais, il a l’obligation de matérialiser sa vision de transformation et de développement du pays. Comme feu Maréchal Mobutu Sese Seko ne cessait de le répéter : « le Chef de l’Etat n’est pas magicien. Seul, il ne peut rien faire ». L’ancien Président congolais avait raison sur toute la ligne du fait que la réussite de son programme électoral dépend de la qualité des femmes et des hommes qui l’entourent.
Dans le cas de la Province du Kasaï et de Tshikapa sa capitale, il est surprenant de constater que les ressortissants qui se sont retrouvés aux côtés du Président Tshisekedi ne l’ont pas aidé. Au contraire, la Province du Kasaï en général et Tshikapa en particulier accusent un retard considérable du point de vue du développement, surtout dans l’exécution de plusieurs projets d’infrastructures pourtant annoncés comme prioritaires.
Des projets non-entamés ou inachevés
Depuis son avènement à la magistrature du pays, le Président de la République a fait inscrire de nombreux projets aux budgets successifs de l’Etat. Leur annonce avait créé l’enthousiasme dans le chef de la population locale. Au fil des jours, l’enthousiasme céda la place à une inquiétude grandissante. Car, ces projets sont à l’arrêt tandis que d’autres connaissent de longs retards injustifiables.
Des fonds publics débloqués se seraient volatilisés. D’où de nombreuses interrogations de la part des masses populaires locales. Quels sont ces projets emblématiques? Il s’agit de :
– la route Tshikapa-Kandjanji
– l’aéroport de Tshikapa
– la modernisation du port d’Ilebo
– la voirie urbaine de Tshikapa
– la lutte antiérosive dans la Cité de Luebo
– les travaux de connectivité de cinq territoires (Dekese, Mweka, Luebo, Ilebo et Kamonia) avec le chef-lieu de la Province.
En effet, la route Tshikapa-Ksndjanji longue de 125 kilomètres se trouve dans un état impraticable et préoccupant malgré les attentes suscitées. Le port d’Ilebo, deuxième du pays de par son importance stratégique, attend toujours sa relance. La Cité de Luebo risque de disparaître bientôt à cause des érosions. Quant aux cinq territoires du Kasaï, ils restent fortement enclavés.
Quand la population Kasaïenne s’interroge
Face à cette révoltante réalité, la population Kasaïenne s’interroge sur son sort. Une question revient régulièrement sur toutes les lèvres : comment une province qui a voté en masses le Chef de l’Etat peut-elle être en marge de grands investissements nationaux?
En réponse à cette préoccupation du reste fondée, une certaine opinion pointe du doigt le manque de leadership dans le chef des filles et des fils du Kasaï qui se sont retrouvés dans les institutions nationales et provinciales. Une autre penche du côté de la gouvernance locale. Toutefois, l’on se demande si cette situation n’est pas imputable à l’absence de dignes représentants suffisamment engagés pour défendre efficacement les intérêts de la Province.
La dernière mise en place dans le portefeuille de l’Etat a été caractérisée par le nettoyage de tous les ressortissants du Kasaï qui ont fait preuve d’indélicatesse, d’incompétence et de mégestion en ce sens qu’ils ont préféré se servir au lieu de servir le peuple et la nation.
Ainsi donc, la Province du Kasaï a besoin de représentants crédibles, compétents, intègres et profondément attachés à l’intérêt général aux niveaux national et provincial. Or, il en existe. Malheureusement, ce sont des cureurs de bottes et autres courtisans de la pire espèce qui sont positionnés.
Au moment où le Chef de l’Etat envisage de conduire le processus de réforme constitutionnelle, il faudra convaincre par des résultats. Car, le meilleur discours est celui des réalisations concrètes : routes construites, infrastructures achevées, services publics améliorés, gouvernance irréprochable et exemplaire.
Le développement du Kasaï passe par une justice territoriale en vue de renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions de la République. Tshikapa n’a aucune fille ou aucun fils parmi les collaborateurs du Chef de l’Etat à la Présidence de la République, par exemple. Est-ce par simple oubli?
La population du Kasaï lance enfin un appel de détresse au Président de la République, garant de la Nation, afin qu’il puisse corriger en s’entourant des femmes et d’hommes capables de traduire sa vision en actions concrètes.
Jean Kabeya Mudiela Ndungu/CP
