(Par Eric Kamba, Analyste Politique)
La situation actuelle en République Démocratique du Congo démontre, une fois de plus, l’effondrement de l’État de droit et la montée d’une justice à deux vitesses. Deux cas emblématiques, celui de Nicolas Kazadi et celui de Constant Mutamba, illustrent parfaitement cette dérive.
Nicolas Kazadi : Détournement massif et protection politique
Ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi est accusé d’avoir détourné plus de 500 millions de dollars, notamment à travers :
- La surfacturation des lampadaires solaires et des forages,
- Des marchés publics opaques,
- Une gestion financière obscure, au détriment de millions de Congolais appauvris. Il avait quitté le pays, officiellement pour raisons de santé. Mais Dieu seul sait s’il était réellement malade ou s’il fuyait simplement la justice. Contre toute attente, il est revenu en RDC, sans poursuite judiciaire à ce jour. Plus choquant encore, l’Assemblée nationale a refusé de lever ses immunités parlementaires. 350 députés ont voté contre cette levée, bloquant toute possibilité de poursuite judiciaire. Alors, la question est légitime : Est-ce parce que Nicolas Kazadi est réellement innocent ?
Ou est-ce parce que des consciences ont été achetées, des âmes vendues au plus offrant pour bloquer la justice ?
Ce vote à huis clos n’est pas un acte de justice, c’est une trahison du peuple. Il révèle une Assemblée plus préoccupée par ses intérêts que par la reddition des comptes.
Constant Mutamba : Cible facile ou coupable idéal ?
A l’inverse, Constant Mutamba, ministre de la Justice, est accusé d’avoir détourné 19 millions de dollars. Bien que la somme soit bien inférieure à celle attribuée à Kazadi, Mutamba est déjà interdit de quitter Kinshasa, menacé d’arrestation, jugé avant même d’être entendu. Même si les faits sont vrais, où sont les preuves ? Où est la transparence ? Et surtout, pourquoi une telle célérité dans ce dossier, alors que des scandales plus vastes sont systématiquement étouffés ?
L’ironie amère d’un pays pris en otage
L’ironie dans tout cela, c’est qu’un individu vole l’équivalent de 500 millions de dollars, puis l’État va s’endetter à l’étranger pour ces mêmes montants, au nom du peuple affamé. Pendant ce temps, ceux qui volent un pain pour survivre finissent en prison, alors que ceux qui pillent des millions vivent libres et protégés. La justice devient ainsi une farce cruelle, réservée aux plus faibles. Alors que faire ? Faut-il se taire ? Se résigner ? S’habituer à l’injustice ? Non.
Il est temps de :
- Rompre le silence face à l’impunité.
- Exiger la publication des preuves et des audits financiers.
- Réformer la justice pour la rendre véritablement indépendante.
- Démasquer les réseaux de corruption, y compris au sein de l’Assemblée nationale.
- Engager une mobilisation citoyenne massive pour restaurer la justice et la vérité.
Le peuple congolais mérite mieux que cette parodie de justice. Il est temps d’en finir avec les privilèges des voleurs de la République.
