Dans un geste significatif pour la protection des acteurs de la société civile, le Ministre des Droits humains, Me Samuel Mbemba Kabuya, s’est engagé fermement le mardi 4 novembre 2025 à soutenir les Défenseurs des Droits de l’Homme (DDH) contraints de fuir les violences à l’Est de la République Démocratique du Congo. Cette promesse d’action concrète fait suite à une rencontre cruciale avec une délégation de la Société Civile, venue plaider la cause de ces sentinelles de la démocratie aujourd’hui en grande précarité. Cette délégation était conduite par Mme Emmanuella, Directrice Générale Adjointe du FONAREV (Fonds National des Réparations des Victimes de Violences Sexuelles liées aux Conflits et autres Crimes contre la Paix et la Sécurité Humaine), et Mme Anny Mudi, coordonnatrice de l’ASBL Afiamama.
Au cœur des discussions, la situation humanitaire et sécuritaire alarmante des activistes et défenseurs des droits humains ayant fui les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Ces hommes et femmes, qui risquaient leur vie pour documenter les abus et défendre les plus vulnérables, se retrouvent aujourd’hui eux-mêmes en position de victimes. Contraints au déplacement forcé par l’intensification de la guerre d’agression imposée par le Rwanda via ses supplétifs de l’AFC/M23, nombre d’entre eux ont trouvé refuge à Kinshasa, souvent dans le dénuement le plus total, loin de leurs communautés et de leurs moyens de subsistance.
Face à cette détresse, la Société Civile ne reste pas inactive. Mme Anny Mudi a présenté au Ministre un mécanisme novateur baptisé « la protection intégrée et la résilience des Défenseurs des droits de l’homme ». Cette initiative vise à offrir une réponse structurée et humaine à la crise.
Prenant la parole à l’issue de la rencontre, elle a détaillé l’approche : ‘’Je voudrais remercier le Ministre des Droits Humains pour sa disponibilité en dépit de cette journée pluvieuse, ce qui montre l’intérêt qu’il porte à sa mission. Nous sommes venus pour présenter ce mécanisme qui vient en appui aux Défenseurs des droits humains venus de l’Est de la RDC. Ce que nous faisons, c’est de leur offrir un espace sécurisé où ils peuvent loger pendant un moment, le temps pour eux de se ressaisir et guérir des traumatismes de la guerre’’.
L’objectif est d’une part, identifier, cartographier et offrir un abri digne et sécurisé à ces activistes déplacés à Kinshasa. D’autre part, leur permettre de surmonter les traumatismes subis pour, à terme, retrouver leur pleine capacité d’action. Mme Mudi a souligné la nécessité d’une collaboration institutionnelle : ‘’Pour ce faire, nous ne devions pas continuer cette démarche seuls. Alors nous sommes venus présenter ce mécanisme au Ministre Samuel Mbemba, parce que ce sont des citoyens congolais, et leur protection relève de la responsabilité de l’Etat’’.
Un engagement fort de l’Etat congolais
Loin de se contenter de simples paroles, Me Samuel Mbemba Kabuya a fait preuve d’une grande réceptivité et d’un pragmatisme salué par la délégation. Il a non seulement loué cette initiative structurante, mais a surtout pris l’engagement ferme d’appuyer concrètement les actions de protection.
Plus important encore, le Ministre a immédiatement ordonné à ses équipes de collaborer étroitement avec l’ASBL Afiamama et ses partenaires pour améliorer la coordination des actions et assurer une prise en charge efficace. ‘’Nous sommes satisfaits que le Ministre ait pris le temps de nous écouter, ainsi que tous les défenseurs des droits humains venus de la partie orientale du pays. Le Ministre a ordonné ses équipes à collaborer avec nous pour améliorer la coordination des actions’’, a confirmé Anny Mudi, visiblement satisfaite de l’issue de la rencontre.
La Pros.
