Le Gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23 ont signé, dernièrement, un accord-cadre devant mener à un accord final dans les jours à venir. Cependant, malgré l’accord de principes conclu en juillet, les deux parties continuent de s’accuser mutuellement de violations du cessez-le-feu.
L’étape après la signature de cet accord-cadre qui devait créer des conditions pour la mise en confiance entre les différentes parties en vue de poursuivre l’examen des autres points, peinent à se mettre en place. En revanche, c’est des conquêtes des territoires par l’AFC/M23 avec l’appui de l’armée rwandaise. Une volonté délibérée de saper les efforts de Washington et Doha pour le retour d’une paix durable à l’Est congolais.
C’est dans ce sens qu’il a été annoncé aujourd’hui vendredi 21 novembre à Kinshasa, l’arrivée de l’émir du Qatar. L’hôte de marque de la République démocratique du Congo était la veille à Kigali où il s’est entretenu avec le président rwandais. La question du respect de l’accord-cadre de Doha doit avoir figuré au menu de leur entretien.
Kinshasa et Kigali sont de partenaires économiques privilégiés de Doha pour cette partie de l’Afrique. Des investissements importants du Qatar ont été consentis en faveur de deux voisins africains. Le gouvernement qatari veut s’assurer des garanties sécuritaires pour les hommes d’affaires qataris.
Ce n’est pas anodin que l’émir de Qatar choisit de faire personnellement ce déplacement. Et pour rappel, au début du mois de septembre 2023, est intervenue la signature d’une série de lettres d’intention avec la société d’investissement qatari sur un portefeuille à la hauteur de 21 millions de dollars américains.
Un autre dossier qui empoisonne les relations avec le Rwanda : l’ouverture de l’aéroport de Goma. Paris en fait son cheval de bataille pour apporter l’aide humanitaire aux déplacés victimes des violences de l’Est. Le Rwanda s’y oppose formellement. L’émir du Qatar n’aurait pas manqué d’obtenir de nouvelles assurances de la partie rwandaise.
Pour ce faire, une délégation de diplomates français s’est entretenue, mardi 18 novembre dernier avec le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu à Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu. Les diplomates français ont effectué cette descente afin d’avoir des données actualisées sur la situation sécuritaire de la province, après des annonces sur la probabilité de l’ouverture de l’aéroport international de Goma. Un réel forcing sur Kinshasa et Kigali pour la signature d’un accord, à l’instar, de Washington avant d’amorcer la matérialisation de nombreux projets en faveur des Congolais et les Rwandais.
La Pros.