On en sait un peu plus désormais de la dernière rencontre entre le Chef de l’Etat et le Speaker de l’Assemblée nationale à la Cité de l’Union africaine. Au-delà de l’embellie, il y a eu discordance d’approche au cours de ce rendez-vous. Au menu, un 3ème mandat pour Félix Tshisekedi. Kamerhe aurait exigé des garanties fermes avant de soutenir la révision constitutionnelle dont notamment, l’interdiction d’un 3ème mandat présidentiel dans ce projet.
La majorité présidentielle qui tangue dans les eaux troubles du 1er mandat, doit à tout prix, maitriser son gouvernail pour cette 2ème chance du second quinquennat. Déjà, l’idée de modification de la Constitution soulève des vagues tant dans l’opposition que dans le regroupement politique du Chef de l’Etat surtout, avec l’idée d’ouvrir le présidium aux autres forces de l’Union sacrée. Les 6 leaders risquent de perdre le privilège de s’aménager un espace confortable autour du Chef suprême. L’ouverture serait diversement interprétée.
Nul n’est, cependant, besoin de rappeler que Kamerhe n’a pas oublié les mésaventures de Nairobi où il était question de l’alternance du pouvoir au sommet de l’Etat. Si l’un fait le 1er mandat, l’autre lui succèdera au second. Le leader de l’UNC, alors Directeur de cabinet du Chef, a connu des déboires de prison pour détournement de fonds des sauts-de-mouton. Condamné, il a été acquitté en appel.
On peut tout dire mais le passage d’un leader en prison ne manque pas d’entacher le reste de son parcours. Pour le projet du Chef de modifier la Constitution, il tenterait de prendre sa revanche tout en sachant que son allié est toujours en position de force. Si la pilule est bien passée entre Joseph Kabila et Feu Gizenga d’heureuse mémoire, elle est amère, trop amère même, pour Kamerhe face à Tshisekedi.
Jusque-là, les deux leaders portent encore des gants en évitant d’infliger à l’autre un coup fatal. Mais, jusqu’où iront-ils ?
On retiendra également que Kamerhe a eu maille à partir avec Kabila quand il s’est agi de mutualiser les forces rwandaises et congolaises pour la traque des FDLR dans l’Est de la RDC. Le prédécesseur de Tshisekedi a actionné sa majorité à la Chambre basse du Parlement afin d’obtenir la déchéance de Vital Kamerhe.
Entrevoir actuellement un tel schéma serait suicidaire pour tous. En attendant, les autres leaders de l’Union sacrée qui continuent à souffler le chaud et le froid, attendent voir l’évolution de la situation entre les deux personnalités.
La politique étant dynamique, des contacts sont ouverts entre Kabila et Katumbi qui ont décidé d’enterrer ainsi leur hache de guerre. Ce rapprochement commence à nourrir certains appétits surtout dans les rangs de ceux qui estiment qu’il est temps de prendre leur revanche. En politique seuls les intérêts comptent plutôt que l’amitié !
La Pros.