Les divergences entre Gitega et Kigali remontent bien antérieurement à la résurgence du groupe RED-Tabara en décembre dernier, éclaire Onesphore Sematumba. Il faut remonter en 2015, lors de la tentative de putsch contre l’ancien président Pierre Nkurunziza. Après cet échec pour s’emparer du pouvoir les putschistes ont fui au Rwanda.
Quelques mois plus tard, le groupe RED-Tabara était fondé, «mais à part cette connexion un peu logique, qui est un raccourci, nous n’avons pas de preuves que le Rwanda soutient le RED-Tabara», commente l’expert des Grands lacs.
Un triangle régional
Ces derniers mois, Gitega a progressivement adopté les mêmes langages que Kinshasa pour critiquer le voisin rwandais. Alors que les relations entre le Burundi et la RDC sont au beau fixe, celle entre les deux alliés et leur voisin ont rarement été aussi tendue. Lors d’un discours à l’investiture du président congolais, Felix Tshisekedi, à laquelle le Rwanda n’était pas convié, le président burundais a notamment appelé les jeunes Rwandais à se soulever contre Kigali.
Si le soutien de Kigali au RED-Tabara n’est pas prouvé, celui au groupe M23 qui fait des ravages dans le Nord-Kivu en RDC est maintenant étayé par différents rapports des Nations unies.