
Dans cette campagne diplomatique menée par les deux pays africains, l’Égypte, pour son candidat Khaled Ahmed EL-ENANY ALI EZZ qui est présenté comme le candidat du groupe arabe, et le Congo Brazza, pour son candidat Firmin Edouard MATOKO qui est porté par l’Afrique subsaharienne, pour décrocher le poste de directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), le pays vainqueur de cette course intensive, qui s’annonce rude et serrée, sera celui qui réussira à convaincre les États membres de la capacité de son candidat de parvenir à réformer cette organisation internationale, actuellement en proie à des difficultés financières énormes dues notamment au retrait des États-Unis, le plus important pourvoyeur de fonds à hauteur de 75 millions de dollars américains par année.
En fait, le directeur général est désigné par le Conseil exécutif au scrutin secret par les États membres. Les 58 États membres du Conseil exécutif devront donc voter en octobre prochain pour choisir entre l’Égyptien Khaled Ahmed EL-ENANY ALI EZZ et le Congolais Firmin Édouard MATOKO. Le président du Conseil exécutif fera alors connaître à la Conférence générale le nom de l’heureux élu pour entérinement, en novembre, à la Conférence générale qui compte 194 États membres de l’Organisation, moins les États-Unis et 12 membres associés.
En tant qu’observateur averti de la scène diplomatique internationale, je m’amuse bien à suivre attentivement l’évolution de la campagne menée notamment par la République sœur du Congo et constate avec satisfaction la grande mobilisation tous azimuts des efforts diplomatiques intensifs déployés à l’échelle mondiale par le gouvernement congolais pour justement décrocher ce poste en faveur de son candidat Firmin Edouard MATOKO qui, du reste, présente un très bon profil pour ce poste, et se présente comme le « Fils maison » de l’UNESCO.
Le candidat égyptien Khaled Ahmed EL-ENANY ALI EZZ qui porte la double casquette d’ancien ministre et d’universitaire, n’est pas non plus le moindre. Son pays avait pris une longueur d’avance en lançant sa campagne activement depuis 2022 et a mobilisé d’énormes moyens financiers pour le candidat, qui a déjà visité plus d’une cinquantaine de pays, pour essayer de convaincre les États membres de sa capacité à diriger cette organisation.
En effet, si l’enjeu majeur de cette élection est de parvenir à réformer profondément l’UNESCO, le choix de Firmin Edouard MATOKO me semble raisonnablement être le meilleur, étant donné que celui-ci, ayant accompli toute sa carrière au sein de cette organisation, a l’avantage de mieux connaître toutes les arcanes du labyrinthe institutionnel, de côtoyer au quotidien les réalités de celle-ci et serait le mieux placé pour amorcer rapidement des mesures d’ajustement structurel et de réforme qui s’imposent pour une gouvernance plus efficace et efficiente ; d’établir un ordre de priorités pour mener les actions requises afin de renforcer sa capacité d’intervention ; et de faire face aux nombreux défis majeurs qui se posent à l’échelle mondiale et qui requièrent l’intervention de l’UNESCO.
De toute façon, ce qui est plus rassurant dans ce duel Égypte – Congo, est que le prochain directeur général de l’UNESCO sera bel et bien un africain. Même s’il reste vrai qu’avec plus de 1,3 milliard d’habitants et 54 États membres des Nations unies, l’Afrique est toujours largement sous-représentée dans la direction de cette organisation et de ses instances internationales.
Isidore Kwandja Ngembo
