« (…), Ce pays nous appartient nous tous. Nous travaillons, tous, pour des enfants congolais. La charge de former les jeunes congolais est plus portée par nous comme cela a été démontré plus haut. Cependant quand il y a des avantages ou quand il y a du matériel de formation à distribuer, le gros est affecté aux représentants de l’Etat ou au réseau non conventionné qui pourtant ne représente qu’environ 3% d’écoles. Tout ce que nous venons de décrier dans les lignes ci-haut est de nature à mettre en mal le partenariat éducatif pourtant décrété par les états généraux de l’éducation comme seul mode de gestion du système éducatif. 2. Position de l’Eglise du Christ au Congo Comme nous venions de le faire remarquer ci-dessus, l’Eglise du Christ au Congo a toujours été au service du peuple congolais organisé le système éducatif sans les subventions de l’Etat », dénonce, dans une déclaration, le Révérend André Bokundoa, qui exige, d’ailleurs, une série de mesures à découvrir dans les lignes qui suivent.
DECLARATION DU PRESIDENT NATIONAL DE L’ECC SUR LE PARTENARIAT EDUCATIF
- Introduction Pour l’Eglise du Christ au Congo, l’œuvre éducative s’inscrit dans le prolongement de la mission lui confiée par le Christ en disant : “Allez et faites de toutes les nations des disciples, enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit”. Depuis des temps anciens, exécutant cette mission, l’Eglise protestante en République Démocratique du Congo a toujours été un partenaire important de l’Etat en matière d’organisation des écoles publiques. Beaucoup d’entre les fils de ce pays savent le rôle qu’a joué et continue de jouer notre Eglise en matière de formation de la jeunesse. A ce jour, avec plus de 26000 écoles, le réseau des écoles protestantes est le premier réseau en nombre d’écoles. C’est donc avec raison que le Ministre honoraire, M. Ndom Nda Ombel d’heureuse mémoire, avait déclaré en son temps que l’Eglise du Christ au Congo était un partenaire privilégié du Gouvernement en cette matière. Observant la façon dont marche le partenariat entre le Gouvernement de la République et ses partenaires en général et l’Eglise du Christ au Congo en particulier, nous avons pensé faire cette déclaration que nous déroulons suivant les points ci-après : 1. Brève historique de l’enseignement protestant
Pour parler de la brève historique de l’enseignement protestant en RDC, nous évoquerons l’époque coloniale, l’étatisation, la rétrocession des écoles, la Convention de 1977 et enfin la Convention d’octobre 2022,
- L’époque coloniale
D’aucuns savent que les missionnaires protestants, Rév. Henry Craven de la Livingstone Inland Mission et Georges Grenfell de la BMS étaient les premiers à fouler le sol congolais. Ils sont arrivés dans le Kongo-Central en janvier 1878. Ils ont créé la première mission et la première école à Palabala. Ils se sont mis à établir des postes missionnaires et ont commencé à s’occuper de la formation des premiers congolais. C’était le point de départ de l’enseignement protestant au Congo Au début, c’était des écoles-chapelles. C’est vers 1895 que des écoles sous la forme actuelle ont été mises sur pied. Dans la suite, elles ont pris de l’ampleur et le réseau s’est développé. Notons que ces écoles protestantes ont évolué seulement avec le soutien des missions mères car elles étaient traitées des écoles des missions étrangères. Elles n’avaient donc aucun soutien financier de l’Etat colonial. Elles n’ont bénéficié des subsides de l’Etat qu’après la publication du texte dénommé dispositions générales en 1952 au prix de beaucoup d’efforts.
- L’étatisation
L’étatisation des écoles était consécutive au conflit qu’il y avait entre le Président Mobutu et le Cardinal Malula. C’est ainsi que le MPR a pris la lourde décision de nationaliser toutes les écoles. Avec cette décision, il n’existait plus d’écoles confessionnelles, plus d’écoles catholiques, plus d’écoles kimbanguistes, plus d’écoles protestantes, etc. Pendant cette période de Zaïrianisation, les écoles vont connaître une dégradation terrible dans tous les domaines infrastructures détruites, mobiliers, équipements et matériel didactiques détournés et pillés. Les milieux scolaires jadis caractérisés par la moralité étaient devenus des sièges de l’immoralité et des antivaleurs de toute sorte. La qualité de l’éducation a pris un coup fatal dont les conséquences perdurent jusqu’à ce jour.
- La rétrocession des écoles et la Convention scolaire de février 1977
Ne pouvant pas supporter le spectacle désolant auquel ils assistaient impuissants, les acteurs du MPR Parti-Etat ont décidé de rétrocéder les écoles aux églises pour les gérer moyennant la signature d’une Convention devant définir les responsabilités des uns des autres. D’où la mise en place de la Convention qui fut signée le 26 février 1977. Malgré la signature de cette Convention, les tares de l’étatisation complètement quitté le secteur de l’éducation. Signalons que la Convention de 26 février 1977 bien que non parfaite comme toute œuvre humaine était un bon texte qui reconnaissait les droits et les obligations de chaque parti.
- La Convention scolaire d’octobre 2022 et son application sur terrain
La convention de 1977 ayant été frappé par l’obsolescence du fait d’avoir vécu durant 46 ans ne résistait plus devant les différents changements et réformes intervenus dans le sous-secteur de l’EPST. Après autant d’années, tout a milité pour son changement. Depuis 2014, après la promulgation de la loi-cadre, les différents Ministres qui ont succédé à la tête du ministère ont tenté, sans succès, de changer de Convention scolaire. Cela fut chose faite en octobre 2022 et nous en avons félicité le Ministre en son temps. Cette œuvre étant humaine, n’était pas parfaite pourtant. Elle contenait des articles qui pouvaient produire les germes de conflit, notamment les articles 18 et 19 de ladite Convention. Nous l’avions signalé en son temps lors de la signature et ces termes : Et dans la nouvelle Convention que nous allons bientôt signer, nous avons trouvé des articles qui risquent de créer des conflits sur terrain. C’est le cas des Articles 18 et 19. En soi, ils ne sont pas mauvais mais leur interprétation à certains égards risque de poser problème. Aussi, voudrions-nous vous inviter, par voie de circulaire, de clarifier l’interprétation de ces Articles. Nous vous prions aussi de clarifier la notion d’antivaleur qui pose beaucoup de problèmes en Province et de déterminer l’étendue du pouvoir des PROVEDS, SOUS-PROVEDS, IPP et DIPROSEC. Nous espérions que le contenu de ces articles pouvait être clarifié auprès des utilisateurs par les mesures d’application et des séances de sensibilisation qui étaient prévues dans la suite de sa mise en œuvre sur terrain. Ceci pouvait aider à éviter interprétations erronées. Une autre initiative qui a calmé notre esprit par rapport aux craintes sur l’application du texte de cette Convention est la mise en place du cadre de concertation créé par le Ministre pour permettre aux chefs de confession religieuse et le gouvernement de se mettre périodiquement autour d’une table afin d’évaluer la mise en œuvre de cette Convention sur terrain. Malheureusement, aucune de ces mesures pourtant mises en place n’a été opérationnelle.
En effet, le lancement et la gestion du processus de recrutement des enseignants et directeurs d’écoles primaires en RDC en général, expérimenté dans quelques Provinces en particulier, met à nu ce qui semble hier être des soupçons du nouveau processus d’étatisation des écoles en cours, il n’y a que les représentants de l’autorité étatique : DRH, Proved, Sous-Proved. Les divers comités et commissions, à tout niveau, sont pilotés par les représentants de l’autorité étatique. Les gestionnaires, et donc églises, sont réduits au rôle mineur d’établir des états de besoin en enseignants et directeurs qui lui seront fournis par l’autorité étatique (Sous-Proved) et dont il aura le devoir d’affecter dans ses écoles, avec la contre-signature du Sous- Proved. Cette tentative vient cautionner les déviations des représentants de l’Etat dans la mise en œuvre de la nouvelle Convention nous rapportées par nos représentants en province sont légion : Interventions intempestives dans nos écoles sans se référer à nos services simplement parce qu’ils sont représentants du pouvoir organisateur, alors qu’officiellement ils sont de la gestion indirecte. Retrait de gestion de nos écoles : Proveds, Sous-Proveds, Gouverneurs, Ministres provinciaux s’arrogent le pouvoir de retirer la gestion des écoles. D’où leur tirent-ils ce pouvoir ? Monnayage de services. Cela est autorisé pour les représentants de l’Etat mais c’est une antivaleur pour nous gestionnaires. Affectation, suspension du personnel par les représentants de l’Etat dans nos établissements à l’insu de nos gestionnaires, Des enquêtes unilatérales lancées dans nos établissements sur base de dénonciation des réseaux sociaux, Etc. Il y a bien d’autres comportements que nous déplorons du côté de notre partenaire. Ce pays nous appartient nous tous. Nous travaillons, tous, pour des enfants congolais. La charge de former les jeunes congolais est plus portée par nous comme cela a été démontré plus haut. Cependant quand il y a des avantages ou quand il y a du matériel de formation à distribuer, le gros est affecté aux représentants de l’Etat ou au réseau non conventionné qui pourtant ne représente qu’environ 3% d’écoles. Tout ce que nous venons de décrier dans les lignes ci-haut est de nature à mettre en mal le partenariat éducatif pourtant décrété par les états généraux de l’éducation comme seul mode de gestion du système éducatif. 2. Position de l’Eglise du Christ au Congo Comme nous venions de le faire remarquer ci-dessus, l’Eglise du Christ au Congo a toujours été au service du peuple congolais organisé le système éducatif sans les subventions de l’Etat.
Au lieu de se résigner, devant l’absence de tout cadre pouvant permettre de faire entendre sa voix, l’Eglise du Christ au Congo profite de ce canal pour faire entendre sa voix et exige ce qui suit :
- L’activation du cadre de concertation entre les Confessions et le Gouvernement de la République Démocratique du Congo afin d’évaluer la mise en œuvre de la Convention et discuter des problèmes qu’elle suscite ;
- La publication des mesures d’applications relatives à la nouvelle Convention de gestion des écoles nationales ;
- L’organisation des séances de sensibilisation de différents acteurs provinciaux et sous-provinciaux afin que tous puissent avoir la même compréhension du texte de la Convention scolaire ;
- Le respect et la considération dus au partenaire dans la mise en œuvre de la Convention de gestion des établissements publics et des projets éducatifs ;
- Associer les partenaires aux projets éducatifs de la conception jusqu’à la mise en œuvre comme le veut la loi-cadre ;
- Le traitement équitable entre partenaires et représentants du pouvoir organisateur,
- La suspension sans délai du processus de recrutement des agents des écoles primaires amorcé dans certaines Provinces en violation de la Convention scolaire ;
Fait à Kinshasa, le 25 mars 2024
Rév. Dr BOKUNDOA-bo-Likabe André-Gédéon Président National, Représentant Légal
