La guerre contre le virus Ebola ne se gagne pas seulement dans les laboratoires, elle se joue d’abord sur le terrain de la confiance. Alors que la République Démocratique du Congo fait face à une résurgence épidémique, les chiffres s’alignent. Avec 207,7 millions de dollars sécurisés au 23 mai et 20 millions débloqués par le gouvernement congolais, la riposte s’organise à coups de millions. Pourtant, le souvenir de la grande épidémie de 2018-2020 et son coût astronomique de 1,2 milliard de dollars rappellent une vérité cruciale : l’argent reste insuffisant sans l’adhésion populaire.
La répartition des fonds actuels dévoile des priorités claires. Soixante-dix millions de dollars protègent les soignants et assurent des enterrements dignes. La recherche de vaccins et les soins se partagent 112 millions, tandis que la logistique absorbe 40 millions. Enfin, l’alerte lancée à dix pays voisins humanise cette gestion comptable en anticipant le danger.
Cependant, le véritable défi n’est pas financier. En Ituri, une personne sur trois ne croit pas à la réalité d’Ebola, selon l’ONG Action Aid. Dans des zones meurtries par les conflits, ce déni exprime une profonde rupture de confiance envers les interventions extérieures. Injecter des millions restera vain si les populations rejettent la médecine moderne.
La lutte contre la désinformation doit donc devenir l’axe central de la riposte. La victoire finale contre Ebola ne se décrétera pas dans les banques, mais dans les esprits, lorsque la science aura triomphé du scepticisme.
La Pros.