En ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025, l’Institut de France a accueilli la cérémonie d’installation du docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix, au sein de l’Académie des sciences morales et politiques. Cette séance solennelle consacre son élection en qualité de membre associé étranger, décision arrêtée par l’Académie lors de sa réunion du 23 septembre 2024.
Le Docteur Mukwege occupe le fauteuil laissé vacant par le décès de Javier Pérez de Cuéllar, ancien Secrétaire général des Nations Unies et figure majeure de la diplomatie mondiale. Son élection a été confirmée par un décret présidentiel publié le 25 novembre 2024, officialisant son entrée parmi les personnalités reconnues pour leur contribution exceptionnelle à la pensée et à l’action humanistes.
La reconnaissance dont bénéficie Denis Mukwege repose sur un parcours remarquable. Gynécologue-obstétricien et fondateur de l’Hôpital de Panzi en République démocratique du Congo, il est un artisan infatigable de la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et un défenseur des droits humains reconnu internationalement. L’Académie rend ainsi hommage à une vie d’action, de courage et de compassion, incarnant les principes d’humanité, de justice et de dignité.
La séance d’ouverture a été présidée par Jean-Robert Pitte, Président de l’Académie, qui a accueilli les délégations officielles venues soutenir le docteur Mukwege. Il a rappelé que le fauteuil numéro 1 réservé aux associés étrangers a été successivement occupé par plusieurs personnalités illustres depuis le XIXᵉ siècle, dont Henry Brougham, Théodore Roosevelt, Maurice Maeterlinck, Karl Barth et Javier Pérez de Cuéllar, avant le nouvel occupant.
Avant le discours d’accueil de Louis Vogel, membre de l’Académie, un intermède musical de Scarlatti, interprété par Guillem Aubry, a créé une atmosphère solennelle. À la suite de cet intermède, M. Vogel a souligné que l’Académie accueille aujourd’hui un homme qui incarne la dignité humaine, ayant consacré sa vie à soigner et défendre les femmes. Il a rappelé comment l’enfance du docteur Mukwege, marquée par la souffrance et la fragilité, a forgé sa vocation médicale et humaniste.
Dans sa lutte contre les violences, le docteur Mukwege, Prix Nobel de la Paix, a élargi son engagement de la médecine à l’accompagnement social et à la promotion de la justice, démontrant que la guérison physique doit s’accompagner de reconnaissance et de réparation sociales. Les applaudissements nourris qui ont suivi l’allocution de M. Vogel ont salué ce parcours exceptionnel. Un second intermède musical, avec Schumann, a ensuite offert au public un moment de grâce avant que le digne fils de la RDC, le docteur Mukwege, Prix Nobel de la Paix, ne prenne la parole.
Dans son discours, le nouvel académicien a rendu hommage à son prédécesseur, Javier Pérez de Cuéllar, rappelant son rôle de Secrétaire général des Nations unies et ses engagements pour la paix internationale. Il a souligné la portée universelle de ce parcours, marquant les esprits par son engagement pour le dialogue, la négociation et la paix.
En remerciant le public, Denis Mukwege a regagné son siège sous de nouveaux applaudissements, tandis qu’un dernier intermède musical de Ravel, Jeux d’eau, clôturait la cérémonie avec élégance.
Pour les Congolais de la diaspora présents, cette ascension représente une fierté nationale et la reconnaissance du combat mené pour une RDC libre, en paix et souveraine. Son parcours exemplaire constitue un modèle inspirant pour les jeunes générations, rappelant que courage, engagement et dévouement peuvent transformer des vies et faire rayonner l’honneur et la dignité de tout un peuple.
Dr David Menge
