Clément Kanku se dit disposé à soutenir toute initiative nationale susceptible de renforcer la cohésion des congolais, de préserver la souveraineté territoriale et de favoriser le retour d’une paix définitive dans l’Est de la RDC. Après l’adresse solennelle du Chef de l’Etat confirmant l’organisation imminente d’un dialogue national, le leader du Mouvement pour le Renouveau (MR) a livré une réaction ferme et déterminée. Selon lui, l’heure est enfin venue de raviver l’éveil patriotique, de renforcer la confiance populaire autour des institutions établies et d’engager un élan réaliste vers la refondation de l’Etat.
Dans une déclaration politique faite hier, lundi 7 septembre 2026, à Kinshasa, Clément Kanku Bukasa a salué la volonté du Président Félix Tshisekedi, qui, selon lui, déploie des efforts inlassables, en dépit de nombreux défis inhérents à la gouvernance publique, pour aligner la RDC sur des perspectives de paix et de stabilité.
Vivement les réformes constitutionnelles
Abordant la question du dialogue, l’ancien Ministre de la Coopération a plaidé pour une prise en compte réelle des aspirations du souverain primaire tout au long du processus. Avec conviction et sans langue de bois, le visionnaire du MR a lancé un appel vif au pragmatisme politique, proposant que la réforme constitutionnelle figure parmi les matières prioritaires à traiter durant ces assises.
« Nous ne pouvons pas clôturer nos propos sans épingler la question essentielle qui touche aux réformes constitutionnelles. Nous voulons donc, aujourd’hui, solliciter que ce débat soit ramené au niveau de notre population. Que ce débat la réforme constitutionnelle se fasse dans un cadre républicain, comme je l’ai dit, avec la participation de notre peuple. Parce que nous sommes sûrement convaincus que cette Constitution doit être évaluée par rapport à la marche de notre pays et, surtout, par rapport à son impact sur la vie nationale. Nous savons tous les difficultés que nous rencontrons depuis des années, depuis la promulgation de cette constitution, au niveau territorial, sur la caisse de péréquation, dans plusieurs domaines. Les Congolais doivent se regarder en face pour évaluer cette Constitution. Nous devons nous demander si nous allons dans la bonne direction », a interpellé l’ancien Vice-Gouverneur du Kasaï-Occidental.
Pour Maître Clément Kanku, la République démocratique du Congo se trouve dans une trajectoire décisive face à son histoire. « Nous sommes parmi ceux qui veulent que nous puissions ensemble, froidement, évaluer cette Constitution, qui, comme vous le savez, a été confectionnée dans des circonstances particulières et, surtout, par des belligérants appuyés par certaines puissances. Le Congo ne doit pas continuer sur cette lancée avec une Constitution qui a été, comme je l’ai dit, conçue, qui a été mise en place à la suite d’une situation particulière, parce que nous sortions de la guerre. C’était une voie de sortie de la crise, alors que nous ne sommes plus en crise aujourd’hui. Il y a des choses que nous avons mises ensemble et qui n’ont pas besoin d’être conservées aujourd’hui. Nous avons tous déploré la corruption au niveau des élections des gouverneurs, élections des sénateurs. Est-ce que nous pensons que nous devons continuer dans cette lancée ? Est-ce que cette procédure continue à soutenir l’effort que nous voulons tous pour que ce pays aille de l’avant ? », s’est-il interrogé, par la suite.
Le MR derrière les efforts de paix en RDC
Plus loin, dans sa déclaration, Clément Kanku a réitéré l’engagement de son parti politique, le Mouvement pour le Renouveau, à militer pour la défense de l’intérêt général des populations, les réformes capables de développer la RDC et l’unité nationale. « Moi et ma formation politique avons toujours fait de la cohésion et l’unité nationale notre cheval de bataille pour réunir les fils et filles du Congo autour d’un objectif commun, celui de restaurer l’intégrité nationale, de défendre notre souveraineté et de garantir la paix pour chaque fille et fils du pays. Bien que nous ayons toujours exprimé notre réticence au dialogue qu’on a voulu nous imposer par certains religieux et leurs alliés politiques, nous encourageons cette fois-ci l’initiative du chef de l’État, d’un dialogue qui correspond heureusement à toutes ces demandes que nous avons cessé de formuler dans le cadre d’une conférence nationale sur la paix au Congo », a-t-il déclaré.
Rempart contre la déstabilisation
Selon Me Clément Kanku, le MR et sa base sont déterminés à se mobiliser pour barrer la route à ceux qui usent de la manipulation pour s’offrir une place aux assises. Il a également rejeté avec fermeté l’intégration dans les discussions des acteurs instigateurs de la crise sécuritaire dans l’Est. Ceux-là qui, pour des fins égoïstes, se sont faits complices du Rwanda dans sa tentative de déstabilisation de la RDC.
« L’ordre constitutionnel devrait être préservé, les acquis démocratiques doivent être préservés et la souveraineté de notre pays, chèrement acquise par les pères de l’indépendance, doit être sauvegardée. C’est pourquoi nous allons nous ériger, comme nous l’avons dit, en rempart de la défense de cet ordre constitutionnel et que cette plateforme que nous avons mise en place va être le défenseur acharné des acquis de l’indépendance. Nous allons par des voies légales et en toute démocratie mener des actions pour préserver l’ordre constitutionnel et surtout défendre les acquis de l’indépendance acquis chèrement en 1960 », a-t-il indiqué. Et de continuer : « Nous allons vous informer que nous sommes aujourd’hui disposés à apporter notre pierre à l’édifice de la paix dans notre pays. Nous appelons donc tous les Congolais à soutenir cette démarche et aux compatriotes de l’opposition qui hésitent encore à privilégier l’intérêt général et à mettre de côté leurs ressentiments personnels. Nous voulons donc rappeler à ceux-là qui à travers certaines gesticulations veulent prendre en otage notre peuple en déstabilisant le Congo à travers des prises de position qui risquent de perturber si pas l’élan que nous avons tous pour aller vers l’intérêt général, pour aller vers la cohésion nationale. Nous voulons donc leur rappeler qu’ils fassent preuve de grandeur, d’abnégation et de sacrifice comme nous le faisons pour que nous puissions regarder dans la même direction. D’ailleurs, ce qu’ils veulent imposer comme revendication, nous estimons que ça n’a pas lieu d’être, dans la mesure où, en obligeant le gouvernement à voir autour de la table ceux qui ont pris les armes, ils veulent tout simplement oublier que ceux-là sont déjà dans un processus de dialogue avec le gouvernement à Doha. Nous pensons donc que cet argument ne devrait pas tenir et qu’il devrait revenir au bon sentiment pour qu’ensemble nous puissions prendre part à ces assises afin de chercher la paix ».
Halte à l’amalgame
« Ce dialogue devrait répondre, à notre avis, à une question fondamentale, à savoir comment après 66 ans d’indépendance, ce grand Congo se voit aujourd’hui malmené par le petit Rwanda alors que nous avions une des plus grandes armées en Afrique qui a fait ses preuves sur différents champs de bataille. Nous sommes donc devant un cas de menace existentielle. C’est pourquoi nous voulons et nous souhaitons que tous nous puissions regarder dans la même direction afin de trouver des solutions, mais des vraies solutions et des solutions durables. Nous refusons donc qu’on puisse nous embarquer dans des schémas hasardeux qui ne nous amèneront nulle part. La crise congolaise est connue. Nous sommes victimes d’une agression, l’agression du Rwanda. Le Congo n’a pas une crise politique. Le Congo a un gouvernement légitime, des institutions légitimes, dont le mandat court jusqu’en 2028. Nous pensons donc que ceux qui sont pressés de vouloir prendre part au pouvoir, aux affaires, qu’ils prennent leur mal en patience en attendant 2028 pour concourir, comme nous tous nous attendons d’ailleurs, au lieu de chercher des combines, au lieu de profiter d’une crise sécuritaire qui est en train d’endeuiller la nation congolaise pour vouloir nous imposer des schémas qui vont les amener à participer à la gestion publique », a mis en garde, dans sa déclaration, le Leader du Mouvement pour le Renouveau, Clément Kanku Bukasa.
La Pros.
